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Prix de l'inventeur européen 2021: santé et électronique récompensés

L’Oled permet en effet de produire des écrans plus fin, plus lumineux, plus précis et flexible pour réaliser des bords incurvés.

L’Oled permet en effet de produire des écrans plus fin, plus lumineux, plus précis et flexible pour réaliser des bords incurvés. - Wikipedia

Le jury a notamment récompensé le physicien alllemand Karl Leo pour son travail "précurseur" sur les diodes électroluminescentes organiques (OLED) qui équipent aujourd'hui nos écrans.

Les lauréats des "Prix de l'inventeur européen de l'année" ont été récompensés jeudi, essentiellement pour des travaux en matière médicale et électronique, selon le Palmarès annoncé par l'Office européen des brevets lors d'une cérémonie à Munich et en ligne.

Le jury a récompensé le physicien alllemand Karl Leo dans la catégorie "oeuvre d'une vie" pour son travail "précurseur" sur les diodes électroluminescentes organiques (OLED) à haut rendement, des semi-conducteurs organiques qui améliorent l'efficacité énergétique des appareils électroniques, la luminosité des images et la résolution des couleurs.

Dans la catégorie "Industrie", le chirurgien ORL norvégien Per Gisle Djupesland, également docteur en aérodynamique nasale, a été récompensé pour avoir inventé un dispositif médical destiné à améliorer l'administration des médicaments par voie nasale, plus efficace que les sprays de pulvérisation classiques.

Génie chimique

Cette invention utilisée pour des traitements contre les migraines ou les polypes, a permis de faire prospérer une entreprise, Optinose AD, aujourd'hui côtée en Bourse.

Per Gisle Djupesland détient au total 26 brevets européens, a souligné l'OEB dans un communiqué.

Dans la catégorie des "pays non membres de l'OEB", le jury a distingué la chercheuse indo-américaine Sumitra Mitra pour sa découverte de nouveaux matériaux composites dentaires.

Deux professeurs de génie chimique, l'Autrichien Robert N. Grass et le Suisse Wendelin Sark ont été primés dans la catégorie "Recherche" pour leurs travaux sur le stockage de données sur ADN, qui encapsule des brins d'ADN dans des billes de silice (verre).

Recul du nombre de brevets déposés en Europe

L'humanité produit des données à un rythme effréné, stockées sur des dispositifs à durée de vie limitée ou qui se dégradent dans le temps. L'invention de Robert Grass et Wendelin Stark, actuellement utilisée pour tracer l'origine de produits tout au long des chaînes d'approvisionnement "ouvre la voie à un stockage de données" pendant des millénaires "en imitant les capacités de stockage de l'ADN des fossiles" souligne l'OEB.

Dans la catégorie "PME", les Suédois Henrik Lindström et Giovanni Fili ont été honorés pour des cellules solaires à pigment photosensible et polyvalent permettant aux appareils électroniques portables (téléphones etc..) de s'auto-recharger, même en intérieur.

Le dernier prix, le prix du public, sera attribué à l'un des 15 finalistes annoncés le 4 mai, en fin de soirée.

Seuls Français dans la course, sélectionnés parmi 400 propositions, les physiciens Mathias Fink et Mickael Tanter ne sont pas lauréats mais faisaient partie (en binôme) des finalistes de la catégorie « Recherche ».

Ils étaient nommés pour leur travail novateur dans l’imagerie médicale et dans la détection des cancers (notamment du sein et du foie) depuis les années 90. Ils sont à l’origine d’un système d’imagerie à ultrasons qui trouve ses origines à l’ESPCI Paris-PSL, qui permet de sentir l’élasticité des tissus et donc d’identifier de possibles tumeurs sans être obligé de recourir à des biopsies douloureuses et invasives pour les patientes et patients, et qui s’avèrent parfois inutiles.

L'OEB espère que ces prix -prestigieux- relanceront l'intérêt pour la recherche en Europe, où le nombre de demandes de brevets a reculé l'an passé, de 0,7%, à 180.250 dossiers déposés contre 181.406 en 2019.

Olivier Chicheportiche avec AFP