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Nouvelle démission au sein du gouvernement de Theresa May

L'ancien secrétaire d'Etat chargé de la Science Sam Gyimah

L'ancien secrétaire d'Etat chargé de la Science Sam Gyimah - PRAKASH SINGH / AFP

Sam Gyimah, ministre d'Etat chargé de la Science, a quitté le gouvernement britannique à cause d'un désaccord sur l'accord de Brexit. Selon lui, Theresa May ne devrait pas exclure la tenue d'un second référendum.

Theresa May est dans la tourmente. Un nouveau membre de son gouvernement a démissionné, opposé à l'accord de Brexit obtenu avec l'Union européenne, signe supplémentaire de la fragilité de la Première ministre qui doit faire voter le texte au Parlement dans dix jours.

"Je ne peux pas soutenir le projet de Brexit de la Première ministre", écrit le ministre d'Etat chargé de la Science, Sam Gyimah, dans une tribune au quotidien The Daily Telegraph publiée samedi.

Avec l'accord de divorce, conclu après 17 mois de négociations difficiles, "nous avons renoncé à notre voix, notre vote et notre droit de véto", estime le député conservateur, qui avait défendu le maintien dans l'Union européenne lors du référendum de juin 2016.

Les négociations "affaibliront nos intérêts nationaux" 

La décision de Theresa May d'abandonner l'idée d'obtenir un accès à Galileo, le système européen de géolocalisation par satellite, a été décisive dans son choix de claquer la porte du gouvernement, explique Sam Gyimah. Le Royaume-Uni développera à la place son propre système de navigation par satellite.

"Ce qui s'est passé avec Galileo est un avant-goût des négociations brutales que nous aurons à mener" après le Brexit, prévu le 29 mars 2019, qui "affaibliront nos intérêts nationaux, nous appauvriront et nuiront à notre sécurité", a déclaré l'ancien ministre d'Etat chargé de la Science samedi matin à BBC Radio 4. Le Royaume-Uni a investi dans Galileo et "nous ne récupérerons pas cet argent" a déploré Sam Gyimah auprès de la BBC.

Vote le 11 décembre au Parlement 

Il estime que Theresa May ne devrait pas exclure l'option d'un second référendum sur le Brexit. Cette nouvelle démission montre de nouveau la vulnérabilité de Theresa May. L'accord de divorce doit être voté le 11 décembre par des députés très sceptiques, qui risquent fort de le recaler.

La Première ministre a en revanche reçu le soutien du ministre chargé de l'Environnement Michael Gove, l'un des principaux artisans de la campagne du "Leave" lors du référendum de 2016. S'il concède que l'accord de divorce n'est pas "parfait", "on ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut", déclare-t-il au Daily Mail samedi. Il appelle les députés conservateurs qui menacent de voter contre le texte à le soutenir, les prévenant que si l'accord de divorce est rejeté au Parlement, cela "menace" la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Pauline Dumonteil avec AFP