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Bruxelles "suspend" ses efforts pour faire ratifier l'accord sur les investissements avec Pékin

Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne

Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne - Emmanuel Dunand - AFP

La Commission européenne estime que "l'environnement n'est pas propice à la ratification de l'accord".

La Commission européenne a suspendu ses efforts pour faire ratifier par les Etats membres et le Parlement l'accord sur les investissements conclu fin 2020 avec la Chine, jugeant l'environnement politique inadéquat, a affirmé son vice-président Valdis Dombrovskis.

"Nous avons pour le moment (...) suspendu certains efforts de sensibilisation politique du côté de la Commission, car il est clair que dans la situation actuelle, avec les sanctions de l'UE contre la Chine et les contre-sanctions chinoises, y compris contre des membres du Parlement européen, l'environnement n'est pas propice à la ratification de l'accord", a-t-il déclaré.

"Nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte plus large des relations entre l'UE et la Chine", a-t-il ajouté. La Commission européenne, qui gère la politique commerciale des 27 États membres de l'UE, a conclu fin 2020 un accord surprise avec Pékin sur les investissements, après des années de blocage.

"Il y a toujours une asymétrie dans les relations" avec la Chine

Mais l'UE a depuis imposé des sanctions contre la Chine, accusée de violations des droits humains dans la région du Xinjiang. Pékin a répliqué en imposant des sanctions à divers parlementaires européens, des universitaires et au think-tank allemand MERICS.

Le texte doit encore être ratifié par le Parlement européen et les capitales doivent aussi se prononcer. "Dans tous les cas, les raisons sous-jacentes de l'accord (...) sont toujours très présentes, il y a toujours une asymétrie dans les relations" avec la Chine, a souligné Valdis Dombrovskis. "Cet accord nous aiderait à résoudre cette asymétrie."

La Commission européenne va d'ailleurs proposer mercredi de s'octroyer de nouveaux pouvoirs pour enquêter sur les groupes étrangers soutenus par un État et qui cherchent à s'emparer d'entreprises européennes, une législation qui vise en particulier Pékin.

P.L. avec AFP