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Brexit: quelles conséquences pour les Français voyageant au Royaume-Uni en cas de no deal?

3,9 millions de Français ont voyagé au Royaume-Uni en 2018

3,9 millions de Français ont voyagé au Royaume-Uni en 2018 - Tolga AKMEN / AFP

Les touristes français et européens doivent s'attendre à de légers changements pendant leur séjour au Royaume-Uni après un Brexit sans accord le 31 octobre.

Le Royaume-Uni séduit toujours autant les touristes français. En 2018, 3,69 millions d’entre eux ont effectué un voyage outre-Manche. Mais à moins d’un mois du Brexit, les amateurs de la culture britannique s’interrogent. Sera-t-il possible de s’y rendre sans encombre dans le cas où le Royaume-Uni sortirait sans accord de l’Union européenne le 31 octobre?

Outre les possibles perturbations à prévoir dans les transports -au moins à court terme- en cas de no deal, les désagréments pour les touristes français et européens devraient rester minimes. Ils peuvent même d’ores et déjà tirer un avantage du Brexit: la baisse de la livre sterling. La monnaie britannique a en effet perdu 15% de sa valeur depuis le référendum de 2016. Résultat, la destination "Royaume-Uni" est devenue plus accessible.

Quels documents pour voyager?

Si vous avez prévu un voyage outre-Manche après le 31 octobre, inutile de paniquer pour les démarches administratives. Même sans accord, le gouvernement britannique a annoncé que les cartes nationales d’identité délivrées par les États-membres de l’Union européenne resteront valables jusqu’au 31 décembre 2020 pour les séjours de moins de trois mois. Autrement dit, aucun visa ne sera nécessaire. Toutefois, il est possible qu'un passeport soit réclamé aux voyageurs européens au-delà du 31 décembre 2020.

En revanche, les Européens devront faire une demande de visa appelé "European Temporary Leave to Remain" pour les séjours supérieurs à trois mois. Ce nouveau permis de séjour européen permettra aux citoyens de l’UE et de Suisse qui arrivent au Royaume-Uni après le Brexit, "de vivre, travailler ou poursuivre leurs études dans le pays, même en l’absence d’un accord de sortie", détaille le site officiel du tourisme au Royaume-Uni.

Des appels plus coûteux

Une fois sur place, les touristes européens vont être confrontés à quelques changements. À commencer par le rétablissement des frais d’itinérance. Actuellement chaque citoyen européen en voyage dans l’UE peut utiliser gratuitement le réseau d’un opérateur de téléphonie mobile étranger. Un privilège qu’il faudra oublier en cas de no deal.

Même chose pour l’usage des cartes de paiement, qui devrait entraîner des frais supplémentaires, tandis que les procédures bancaires seront "plus lentes", selon le gouvernement britannique.

Pas de changement pour rouler au Royaume-Uni

Bonne nouvelle pour les amateurs de la conduite à gauche, le "Brexit ne changera rien aux conditions dans lesquelles vous pourrez conduire un véhicule motorisé au Royaume-Uni", indique l’office de tourisme britannique.

Comme aujourd’hui, si le véhicule n’est pas assuré au Royaume-Uni, il faudra détenir une carte internationale d’assurance, dite "carte verte".

Attention au remboursement des soins médicaux

En cas d’échec des négociations, la carte européenne d’assurance maladie ne sera plus valable au Royaume-Uni. Ainsi, seuls les soins médicaux urgents et imprévus pourront éventuellement être pris en charge par votre caisse primaire d’assurance maladie à votre retour en France. Il est donc conseillé de conserver les justificatifs, factures et autres prescriptions pour qu'un médecin puisse confirmer que vous étiez dans une situation d’urgence.

"En cas d’accord, les soins sont remboursés sur la base et dans la limite des tarifs forfaitaires français en vigueur (et non pas sur la base de vos dépenses réelles)", indique le site Brexit.gouv.fr. Dans tous les cas, les frais médicaux pouvant coûter très cher, il est vivement conseillé de souscrire à un contrat d’assistance ou d’assurance qui garantit le remboursement des frais médicaux engagés et le rapatriement sanitaire en cas de maladie à l’étranger.

Test sanguin possible pour les animaux de compagnie

Sans accord, les règles relatives au transport des animaux domestiques changeront. "Il se peut que votre animal domestique doive alors subir un test sanguin pour prouver qu’il a bien été vacciné contre la rage", explique le site de l’office de tourisme britannique.

Paul Louis