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Brexit: la France réclame la mise en oeuvre rapide de l'accord de pêche

Les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer s'inquiètent des conséquences du Brexit

Les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer s'inquiètent des conséquences du Brexit - Charly Triballeau- AFP

Face à la mobilisation des pêcheurs de Boulogne-sur-Mer, le gouvernement a demandé à la Commission européenne d'accélérer la mise en oeuvre de l'accord de pêche post-Brexit alors que le nombre de licences délivrées par le Royaume-Uni demeure très faible.

La France a demandé à la Commission européenne d'agir "fermement" pour "accélérer" la mise en oeuvre de l'accord de pêche post-Brexit conclu avec le Royaume-Uni, après une action menée dans la nuit de jeudi à vendredi par les pêcheurs du port français de Boulogne-sur-Mer.

La ministre française de la Mer Annick Girardin et le secrétaire d'État français aux Affaires européennes Clément Beaune ont, dans un communiqué commun, rappelé "la nécessité d'une action ferme et déterminée de la Commission européenne pour assurer la pleine application de l'accord". "Nous agirons dans un esprit de solidarité européenne, de coopération avec le Royaume-Uni, mais l'urgence commande une accélération des efforts collectifs", ont-ils souligné dans ce communiqué diffusé tard jeudi soir.

"Mensonge"

"La délivrance complète des licences d'accès aux eaux britanniques, le règlement rapide de questions essentielles comme celle des bases avancées doivent être assurés au plus vite", ont-ils ajouté. Plus d'une centaine de marins-pêcheurs se sont mobilisés dans la nuit de jeudi à vendredi à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais, nord de la France), premier port de pêche français, pour protester contre "le mensonge" de l'accord concernant l'accès aux eaux anglaises.

L'action visait à bloquer les camions en provenance du Royaume-Uni chargés de produits de la mer mais "très, très peu" se sont présentés, les transporteurs ayant anticipé le mouvement, selon le Comité régional des pêches. De nombreux bateaux hollandais battant pavillon britannique venant habituellement débarquer le poisson pêché dans les eaux britanniques ont également changé de cap pour la Belgique, a indiqué la capitainerie.

Les pêcheurs devaient conclure leur action en fin de matinée par une vente à prix coûtant de poissons sur le port, pour protester cette fois contre les quotas européens de pêche. Ils ont rencontré vendredi matin Xavier Bertrand, président du conseil régional venu sur place. "Cette nuit d'action est un coup de semonce et si rien ne se passe au niveau européen, nous passerons à la vitesse supérieure", a prévenu le président du Comité régional des pêches Olivier Leprêtre.

Difficultés d'accès aux ports

Les pêcheurs dénoncent le retard pris, selon eux, dans l'attribution des licences pour accéder aux eaux britanniques, près de trois mois après l'accord sur la pêche entre Londres et Bruxelles. En vertu de l'accord, le Royaume-Uni doit délivrer des licences de pêche pour la zone des 6-12 miles marins. Selon Olivier Leprêtre, il n'en a accordé que 22 sur 120. Les autorités britanniques ont contesté ce chiffre vendredi, indiquant que 87 navires avaient obtenu une licence pour la zone des 6-12 miles.

"Le Royaume-Uni maintient une approche cohérente et fondée sur des preuves pour l'octroi de licences aux navires de l'UE en utilisant les informations fournies par la Commission européenne", a déclaré un porte-parole du département de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales britannique dans un communiqué.

Pour Olivier Leprêtre, en sus de l'accès aux eaux, il existe d'autres "points bloquants" comme l'accès aux bases avancées - pouvoir débarquer le poisson en Angleterre et le ramener en France par camion. "En ce moment, ce n'est plus possible de débarquer le poisson sur les côtes anglaises. La dizaine de bateaux concernés va débarquer le poisson pêché dans les eaux anglaises au Danemark, car l'accès au port en Angleterre leur est interdit", assure-t-il.

P.L. avec AFP