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Allemagne: l'ouverture prochaine d'une centrale à charbon neuve suscite des remous

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Des militants anti-charbon ont occupé ce dimanche la centrale "Datteln 4". Sa mise en service prévue l'été prochain est vivement critiquée alors que l'Allemagne commencera à fermer fin 2020 ses centrales à charbon pour n'abandonner ce minerai qu'en fin 2038.

Plus d'une centaine de personnes se sont introduites en matinée ce dimanche sur le site de la future centrale à charbon située à Datteln dans le land de Rhénanie du nord-Westphalie à l'ouest du pays, selon la police qui a indiqué être présente "en grand nombre".

"Avec cette action de désobéissance civile, les activistes manifestent contre la loi charbon du gouvernement", souligne le mouvement Ende Gelände ("terminus" ou "fin de l'histoire") qui organise régulièrement des occupations d'infrastructures liées au charbon.

La centrale de Datteln, visée par ce mouvement de protestation, a une capacité de production de 1052 MW. Elle peut alimenter en électricité jusqu'à 100.000 foyers. Alors que sa construction a subi des retards, l'usine aurait dû ne jamais entrer en service dans le cadre du plan de l’Allemagne visant à abandonner le charbon comme source d’énergie d’ici à 2038 au plus tard.

La fermeture d'une première centrale prévue fin 2020

Uniper, son exploitant, aurait alors dû être indemnisé à hauteur de son colossal investissement sur ce site. Mais cette indemnisation n'est plus à l'ordre du jour car les autorités considèrent que le site Datteln 4, de conception récente, aurait des émissions de CO2 moins importantes que les centrales à charbon de conception plus ancienne.

La fermeture de ces "vieilles" centrales débutera le 31 décembre 2020 avec un premier complexe dans le bassin rhénan. Le gouvernement estime préférable de stopper de vieilles centrales plus polluantes que d'annuler la mise en service de "Datteln 4".

L'abandon du charbon avancé à 2035 eu lieu de 2038 ?

Le gouvernement fédéral allemand vise un abandon de ce minerai au plus tard en 2038 et pourrait "avancer de trois ans" cette échéance, à 2035, en fonction des bilans d'étape menés en 2026 et 2029.

Le projet de loi allemand sur la sortie du charbon a été adopté mercredi 29 janvier en conseil des ministres malgré la critique d'organisations environnementales qui trouvent que cela ne va pas assez vite. "La loi est un désastre", a jugé Kathrin Henneberger, porte-parole de Ende Gelände. "Nous ne pouvons pas continuer de brûler du charbon pendant 18 ans."

Un mouvement anti-charbon grandissant outre-Rhin

Dans un plan adopté en décembre, l'Allemagne s'est fixé l'objectif de diminuer de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à leur niveau de 1990, alors qu'elle est déjà assurée de manquer ses objectifs climatiques pour 2020. Berlin a promis 4,35 milliards d'euros d'indemnités aux exploitants de centrales. Les employés concernés recevront également un soutien tandis qu'une aide financière totale de 40 milliards d'euros sera accordée aux régions minières jusqu'en 2038.

En novembre 2019, des activistes avaient bloqué des mines de charbon dans le bassin de Lusace (est). "Ende Gelände" prévoit une nouvelle série de manifestations début août visant des mines de lignite dans l'ouest. Le mouvement anti-charbon a gagné en importance en Allemagne depuis que la sortie du nucléaire décidée en 2011 a prolongé la dépendance du pays envers ce minerai.

Frédéric Bergé avec AFP