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Tromper les consommateurs sur Airbnb ou TripAdvisor va devenir plus compliqué

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- - Adam Fagen - Flickr -CC

Un décret paru ce jeudi oblige les plateformes qui mettent en relation vendeur et acheteur à être bien plus transparente sur leur méthode de classement, la fiabilité des avis qu'elles listent et même sur le profil de ceux qui y soumettent des offres.

"Airbnb, Abritel, Expedia, TripAdivsor, etc... Fin de la supercherie pour le consommateur". C'est en ces termes que la fédération des hôteliers et restaurateurs, l'Umih, se félicite ce jeudi des nouvelles règles imposées aux plateformes mettant en relation vendeurs et acheteurs. À partir du 1er janvier 2018, elles devront se soumettre à toutes sortes d'obligations afin de mieux informer leurs usagers. Voici ce qui va changer:

1. Sur Airbnb, les multi-propriétaires ne pourront plus se faire passer pour des loueurs occasionnels

Prenons le cas d'Anne-Sophie dont le profil Airbnb décrit une jeune femme de 22 ans, fan de mode et de voyages. Anne-Sophie propose à la location pas moins de 117 appartements. Clairement, la ou les personnes derrière ce profil ne peut pas être une ménagère qui loue sa résidence principale pendant ses vacances. "Ces avatars et faux-profils qui se référencent comme des particuliers" pullulent sur les plateformes de location entre particuliers, affirmait déjà l'Udih en 2015 au terme d'une enquête.

Dès 2018 donc, Airbnb et ses concurrents devront faire apparaître très clairement sur chaque offre si elle émane d'un vrai particulier ou d'un loueur professionnel. Elles devront pour cela se baser sur les déclarations de celui qui propose la location, précise le décret gouvernemental paru ce jeudi au Journal officiel. Si le déclarant ment, il encourt jusqu'à 15.000 euros d'amende.

2. Sur un site où sont "classés" restaurants ou hôtels, on saura qui a payé pour apparaître dans les premiers

Une autre disposition du même décret concerne les intermédiaires, comme LaFourchette, Yelp, Expédia, etc. Des sites qui classent les hôtels, les restaurants selon des critères tenus secrets. À partir de janvier 2018, ils devront dévoiler "les modalités de référencement et déréférencement" des établissements.

Quels "bons points" permet de grimper les échelons, quels "mauvais points" peut entraîner une relégation en bas de classement… Ces plateformes, qui rechignent jusqu'à maintenant à communiquer sur ces sujets, devront dévoiler leur cuisine interne. Et surtout, elles devront mentionner toute rémunération, lien capitalistique ou contrat avec des hôtels ou restaurants qui mèneraient à leur mise en avant.

3. Si les avis des internautes qu'il met en avant ne sont pas vérifiés, un site devra le préciser

Depuis 2013, l'agence française de normalisation a en effet mis en place une norme de vérification des avis, afin de démasquer les commentaires payés, les internautes qui n'ont jamais mis les pieds dans l'établissement concerné, ceux qui n'existent pas. Dès janvier, Yelp, Tripadvisor, TimeOut et tous les sites qui agrègent des avis en ligne sur des hôtels et/ou des restaurants devront signaler, pour chaque commentaire, s'il a ou non été vérifié. Par ailleurs, à moins que l'ordre d'apparition des avis ne soit antéchronologique, les plateformes devront indiquer précisément les critères d'affichage qu'elles ont choisi.

Nina Godart