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Résidences secondaires et Airbnb, l'autre combat d'Anne Hidalgo

Anne Hidalgo, maire de Paris

Anne Hidalgo, maire de Paris - BFMTV-RMC

Invitée de BFMTV-RMC, la maire de Paris a émis deux souhaits. Elle veut être autorisée à surtaxer les propriétaires de résidence secondaire et souhaite pouvoir limiter à sa guise le nombre de nuitées autorisées chaque année pour les non-professionnels de la location meublée touristique.

Au cœur de Paris, on assiste à une explosion du nombre de logements qui ne servent pas de résidence principale. Dans les quatre premiers arrondissements de la capitale, le nombre de logements dis "vacants" a atteint le chiffre de 20.264 en 2013. Ce qui, rapporté au nombre total de logements dans ces quartiers, représente un taux d'inoccupation de 26%, déplorait l'Atelier parisien d'urbanisme dans une étude publiée mi-août.

On "est en train de priver les Parisiens d'un certain nombre de logements", dénonce Anne Hidalgo au micro de BFMTV-RMC. "Des logements qui sont indispensables".

Hausse de la taxe?

La maire de Paris voudrait donc augmenter la taxe sur les résidences secondaires. "La loi ne nous le permet pas, on est en train d'y travailler. C'est une piste". En juillet, le conseil de Paris a voté pour une surtaxe d’habitation sur les logements vacants et les résidences secondaires de 60% à 250%. Le Parlement doit encore donner son accord.

Par ailleurs, tout en reconnaissant certaines vertus à Airbnb et à ses concurrents -"c'est bien de compléter ses revenus par de la location saisonnière"- Anne Hidalgo se montre très critique à l'égard des "gens" qui "se sont spécialisées de façon industrielle". "C'est choquant" insiste la maire de Paris. Pour combattre ces dérives, elle voudrait donc réduire le plafond annuel de nuitées en deçà duquel un propriétaire n'a pas besoin de déclarer son bien en tant que meublé de tourisme. Aujourd'hui, au terme de la loi, on peut librement louer sa résidence principale à des touristes de passage jusqu'à 120 jours par an.

Mais les municipalités n'ont pas le droit de se montrer plus sévères en la matière que ne le prévoit la loi. "On demande au gouvernement de laisser la possibilité aux villes de déterminer le nombre de nuitées", explique donc la maire qui reste ouverte sur le plafond souhaitable. "La moyenne des locations est de 66 nuitées. Peut-être 90 ou 60. Je ne sais pas". Pour mémoire, à Londres la limite est de 90 nuitées et Amsterdam est encore plus restrictive puisque ses habitants ne peuvent pas louer leur appartement ou leur maison plus de 60 nuits par année civile.

D. L.