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Locations saisonnières: cet outil traque les propriétaires fraudeurs

La société Trackeet a développé un outil qui permet aux collectivités d'optimiser la collecte de la taxe de séjour, qui n'est reversée que par un propriétaire sur cinq. D'ici la fin de l'année, près de 60 structures (villes, agglomérations, offices de tourisme) pourraient en être équipées.

Tout comme les établissements hôteliers, les propriétaires qui louent leur logement sur des sites de locations saisonnières type Airbnb ou Abritel ont l'obligation de collecter auprès de leurs locataires la taxe de séjour, pour la reverser aux collectivités. Seulement, dans les faits, peu s’en préoccupent. Pour aider les communes à identifier rapidement les fraudeurs, la société Trackeet a développé en France un logiciel qui permet de recenser et centraliser en temps réel les annonces de locations de courte durée, dans un parc locatif où "80% des biens loués ne sont pas déclarés", selon la start-up. 

Le moteur de recherche est donc capable d'identifier les loueurs qui collectent la taxe et ceux qui ne le font pas. Mais l'outil ne s'arrête pas là. Trackeet se charge également d'adresser des lettres de relance aux propriétaires devant s'acquitter de la taxe de séjour, dont "le montant moyen en France est de 0,50 euro par nuitée et par personne", estime Alexandre Coulon, le patron de Trackeet.

Il faut dire que l'enjeu économique est colossal. D'après l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), le manque à gagner pour l'ensemble des collectivités est d'environ 150 millions d'euros par an. De son côté, Airbnb affirme avoir reversé l'an passé plus de 7,3 millions d'euros à 19 municipalités françaises grâce à la mise en place de la collecte automatique de la taxe de séjour. Cette initiative a depuis été étendue à 31 autres villes.

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- © Airbnb

Les collectivités séduites par Trackeet

L’UMIH vient de signer un partenariat avec la start-up. "Les professionnels de l’hébergement ont collecté 98,2% de la taxe de séjour en 2015, soit plus de 316 millions d’euros (les hôtels et les résidences de tourisme ont contribué à eux seuls pour plus de 80%), alors que le montant reversé par les loueurs ou les plateformes est quasi-nul et opaque (4,1 millions d’euros pour 2015, soit 1,3%)", rappelle le syndicat dans un communiqué.

Commercialisée depuis mai 2017, la solution de Trackeet a déjà séduit dix collectivités. Elle est actuellement en phase de test dans près de 50 autres structures (agglomérations, villes, offices de tourisme etc.) en France. Le mois prochain, la société prévoit de lancer "Trackeet Décret", un outil censé faciliter l’application du "décret Airbnb" du 28 avril 2017, qui permet aux communes de plus de 200.000 habitants et à celles de la petite couronne parisienne de contraindre les loueurs Airbnb à se déclarer en mairie.

L'interface du logiciel
L'interface du logiciel © Trackeet
Julien Mouret