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Stéphane Richard va-t-il rester à la tête d'Orange?

Stéphane Richard, le patron d'Orange, a été mis en examen le 12 juin.

Stéphane Richard, le patron d'Orange, a été mis en examen le 12 juin. - -

Stéphane Richard a été mis en examen, mercredi 12 juin, pour escroquerie en bande organisée. Officiellement,le patron d'Orange doit reprendre son poste de PDG dès ce jeudi 13. Mais du côté des syndicats et du gouvernement, les réactions sont plus mitigées.

Après la mise en examen de Stéphane Richard, mercredi 12 juin, dans le cadre de l'affaire Tapie, Matignon a annoncé que le Conseil d'administration d'Orange serait réuni dans les prochains jours pour "tirer les conséquences" de cette mise en examen.

L'Etat dispose, en effet, de 27% du capital de l'opérateur. Selon le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, la position des représentants de l'Etat au Conseil d'administration sera uniquement guidée par "l'intérêt de l'entreprise". Une position également tenue ce jeudi matin par Jean-François Copé, le président de l'UMP. " Seuls les actionnaires peuvent dire si Stéphane Richard est en situation de conduire l'entreprise", a-t-il déclaré sur BFMTV.

De son côté, Fleur Pellerin s'est montrée moins prudente, jeudi sur RTL. La ministre déléguée à l'Economie numérique estime ainsi que "la question est posée", concernant le maintien de Stéphane Richard à son poste. "C'est la question à laquelle devra répondre le conseil d'administration qui se réunira de manière extraordinaire dans les jours prochains", a-t-elle ajouté.

Les syndicats d'Orange divisés

"Vu les faits qui lui sont reprochés, on imagine mal qu'il puisse rester". Tel est pourtant le commentaire d'un responsable syndical de Sud, qui appelle l'Etat actionnaire à prendre ses responsabilités.

En fait, les syndicats du groupe se séparent en deux camps. D'un côté, Sud et la CGT, très représentés chez les employés, et qui prennent leurs distances avec le patron. De l'autre, les partisans de l'union sacrée derrière le chef : la CFDT et la CFE-CGC, les deux principaux syndicats chez les cadres d'Orange. Leur message est clair : il faut séparer Stéphane Richard le mis en examen et Stéphane Richard le patron.

Richard le pacificateur

"La gestion d'Orange n'est nullement mise en cause, il n'y a aucune raison de changer de capitaine", résume un responsable syndical.Ce soutien indéfectible, Stéphane Richard le doit à son statut de pacificateur.

Au sein du groupe, il est toujours perçu comme celui qui a résolu la crise sociale. Mais au-delà, il y a un principe de réalité : dans un secteur des télécoms tourmenté, il faut éviter tout mouvement brusque. Le départ du pdg serait un facteur d'instabilité majeur.

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Antony Morel et BFMBusiness.com