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Les patients refusant les médicaments génériques sont désormais moins bien remboursés

Les patients refusant sans justification médicale les médicaments génériques proposés par leur pharmacien sont moins bien remboursés depuis le 1er janvier.

Les patients refusant sans justification médicale les médicaments génériques proposés par leur pharmacien sont moins bien remboursés depuis le 1er janvier. - Joël Saget-AFP

Depuis le 1er janvier, un médicament d'origine est remboursé au prix de son générique, en général moins cher, lorsque celui-ci existe. Le reste à charge sera payé par le patient s'il refuse le générique. Seules trois exceptions médicales sont prévues à cette mesure qui doit faire économiser 100 millions d'euros à la Sécurité sociale.

Depuis le 1er janvier, les patients refusant d'accepter (sans justification médicale) le médicament générique que le pharmacien leur propose (lorsqu'il est disponible) sont systématiquement pénalisés financièrement. En effet, s'ils persistent à réclamer le médicament d'origine ("princeps") avec sa molécule originale, ils seront remboursés sur la base du prix du générique le plus cher, la différence restant à leur charge. Les génériques sont en moyenne de 30 à 40% moins chers que les médicaments de marque et leur molécule originale.

C'est la conséquence d'une des mesures de la loi de financement de la sécurité sociale 2020 visant à renforcer l'usage des médicaments génériques. Le taux de substitution générique/princeps dépasse à ce jour les 80% en France mais les "mécanismes en faveur de la substitution montrent aujourd’hui un certain essoufflement" justifie le gouvernement qui attend 100 millions d'euros d'économies de cette mesure.

Jusqu'à présent, les pharmaciens avaient déjà un rôle d'incitation à la prise de médicaments génériques, sauf quand le médecin ajoutait sur son ordonnance la mention "non substituable" ou "NS". Cet ajout permettait aux patients de se voir délivrer le médicament de marque auquel il était habitué, sans justification médicale, en bénéficiant du remboursement au prix fort.

Désormais le médecin ne pourra s'opposer à la substitution d'un princeps par un générique que dans trois situations médicales mentionnées dans un arrêté en date du 12 novembre 2019. 

Ces exceptions sont la prescription de médicaments "à marge thérapeutique étroite", lorsque les patients sont effectivement stabilisés avec un médicament. Cela concerne notamment le Levothyrox (et son principe actif, la lévothyroxine), mentionné explicitement par le texte publié.

Les deux autres exceptions sont la prescription chez l'enfant de moins de six ans, "lorsqu'aucun médicament générique n'a une forme galénique adaptée et que le médicament de référence disponible permet cette administration" et les patients présentant une contre-indication démontrée (allergie) à un excipient à effet notoire figurant dans les génériques disponibles, "lorsque le médicament de référence correspondant ne comporte pas cet excipient".

Frédéric Bergé