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Les diplômés de grandes écoles sont choyés par les entreprises, les diplômées un peu moins

Des étudiants d'HEC lors de leur remise de diplôme.

Des étudiants d'HEC lors de leur remise de diplôme. - PIERRE-FRANCK COLOMBIER / AFP

Les diplômés d’école de commerce et d’ingénieurs ne connaissent pas le chômage et obtiennent des salaires d’embauche plus hauts que jamais. Mais la situation des femmes sorties de ces grandes écoles est bien moins reluisante.

Faire une grande école garantit plus que jamais de trouver rapidement du travail, majoritairement en CDI. Mais malgré un marché de l'emploi porteur, les inégalités persistent entre ex-étudiants d’école d’ingénieur ou de management. Particulièrement en défaveur des jeunes femmes, atteste l'étude annuelle de la Conférence des grandes écoles (CGE) parue mardi.

Globalement, six mois après leur sortie de l'école, près de 90% de ces bacs +5 avaient trouvé un emploi en 2018. Les ingénieurs étaient même 91,2% à être dans ce cas, contre 87,9% pour les diplômés des écoles de management. C’est légèrement plus que l’an dernier, où ce taux s’élevait à 89,4%, selon la 27e édition de cette enquête annuelle réalisée auprès de quelque 190 écoles et d’environ 35.000 étudiants.

Embauche à 35.000 euros annuels

Ce pourcentage atteint un pic depuis près de vingt ans, grâce à la solidité du marché de l'emploi pour les diplômés des écoles, a indiqué mardi Peter Todd, directeur général de HEC et membre du bureau de la CGE, lors d'une conférence de presse.

Un niveau d’embauche qui montre aussi que les grandes écoles n’arrivent "pas à fournir assez d’ingénieurs sur le marché de l’emploi", reconnaît Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE. Mais pas question d’augmenter encore le nombre de ces étudiants d’élite : " les effectifs de nos écoles ont déjà cru de 40% en sept ans. Et il ne faut pas dégrader le niveau de sélection", souligne Anne-Lucie Wack.

Mieux: quelque 65% des jeunes sortis de ces écoles en 2018 avaient même décroché un emploi avant l'obtention de leur diplôme. C’est 3 points de plus que la promotion précédente. Et la part des CDI représente 82,2% des embauches, en hausse là encore par rapport à la promo 2017, de 1 point. Une part surtout très supérieure à celles des premières embauches de tous bac +5 confondus en CDI, à 68% en 2017, selon le baromètre de l’Apec.

Côté salaire, ça progresse aussi : ces diplômés se sont vus embaucher à des salaires supérieurs de 2,34% à ceux de la promotion 2017. Leur salaire d’entrée dans l’entreprise s’élève désormais à 34.920 euros brut par an en moyenne, hors prime.

Moins d’argent et moins de CDI pour les femmes

Mais malgré une conjoncture économique très favorable pour ce type de profils, les jeunes femmes en profitent largement moins. "Ce qui est le plus frappant c’est que, même dans le contexte actuel où les entreprises se battent pour recruter nos diplômés, le différentiel femmes-hommes perdure en défaveur des femmes", a pointé Anne-Lucie Wack.

Ainsi le salaire de sortie d'école est de 6,1% inférieur pour les jeunes femmes. Une différence qui s'explique notamment par la moindre proportion de femmes embauchées sous le statut de cadres : elles sont 11,4% de moins que leurs collègues masculins à être embauchées sous ce statut. Les femmes ont d'ailleurs tendance à choisir des secteurs moins rémunérateurs que leurs homologues masculins. 

D'autres études, réalisées par exemple par l'Insee, montrent que cet écart ne cesse de se creuser au long de la carrière. On a ainsi atteint 20% de différence de salaire chez les cadres hommes et femmes du privé en 2015, selon une enquête de l’institut statistique.

Les femmes sont aussi moins fréquemment embauchées en CDI, là encore à 11 points d'écart avec les hommes. Elles ne sont en outre "que" 87% à avoir un emploi six mois après leur sortie de l'école, quatre points de moins que les garçons. Cependant ce différentiel se réduit au fil du temps, comme le prouvent les chiffres d'emploi de la promo sortie en 2017.

Nina Godart avec AFP