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Augmenter les salaires? Pour le Medef "le problème c'est d'abord les impôts"

Alors que la ministre du Travail Muriel Pénicaud a lancé un appel aux entreprises à augmenter les salaires, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux assure lui que le problème du pouvoir d'achat est lié à la pression fiscale.

Un bras de fer à distance entre le gouvernement et le Medef. Ce matin alors que la ministre du travail Muriel Pénicaud lançait sur BFMBusiness un appel aux entreprises à augmenter les salaires, de son côté Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, sommait le gouvernement de baisser les impôts. 

"Il faut y aller, tout le monde peut faire quelque chose, donc tout le monde doit faire quelque chose dans cette dynamique, a ainsi encouragé Muriel Pénicaud. On est d'abord en urgence sociale absolue, donc en urgence économique."

La ministre du travail n'entend cependant pas passer par une loi obligeant les entreprises à augmenter les salaires qui "détruirait de la compétitivité et de l'emploi", assure-t-elle. Cependant, elle ne ferme pas la porte à la proposition formulée par le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand d'une prime exceptionnelle défiscalisée et exonérée de charges que les entreprises seraient invitées à verser à leur salariés. "Ça fait partie des sujets qu'on va discuter avec les partenaires sociaux".

"C'est une révolte fiscale!"

Au même moment, Geoffroy Roux de Bézieux était interviewé sur France Inter. Et le patron du Medef a une vision différente de la crise actuelle. "Je trouve incroyable qu’on pointe du doigt les entreprises, alors que c’est un problème d’impôts, assure-t-il. Si vous allez dans les manifestations, les salariés manifestent ou bloquent après leur travail." Geoffroy Roux de Bézieux assure qu'il n'y actuellement pas de conflit dans les entreprises et que ce mouvement est avant tout "un problème de révolte fiscale."

"Et je refuse que les entreprises soient les boucs émissaires de cette révolte fiscale, précise le président du Medef. Je supprime un impôt pour les ménages, mais comme je ne réduis pas les dépenses publiques qui sont les plus élevées du monde, je me tourne vers qui? Vers les entreprises."

L'idée de la prime fait son chemin

En revanche, le Medef est d'accord avec le gouvernement sur deux points. D'abord le non-rétablissement de l'impôt sur la fortune: "Ce n’est pas parce qu’on va taxer plus les riches que le pouvoir d’achat des pauvres ou des gens qui souffrent sera réglé", assure Roux de Bézieux, plus ouvert sur l'idée de prime défiscalisée et exonérée émise par le gouvernement. 

"Il y a des entreprises où ça va bien, c’est pour ça que le système de prime exceptionnelle que propose le gouvernement est une bonne idée, reconnaît le président du Medef. Pas toutes les entreprises, mais, celles qui le peuvent. Pour les commerces qui subissent la concurrence d’Amazon et qui vont avoir un très mauvais mois de décembre, ce ne sera pas possible. Mais il y a des secteurs où ça marche bien". 
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco