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Référendum en Ecosse: Londres prête à de nouvelles concessions

L'incertitude sur le partage de la manne pétrolière (ici une plateforme en Mer du Nord) en cas d'indépendance de l'Ecosse inquiète les marchés.

L'incertitude sur le partage de la manne pétrolière (ici une plateforme en Mer du Nord) en cas d'indépendance de l'Ecosse inquiète les marchés. - Berardo62 - Flickr - CC

David Cameron s'apprête à proposer à Edimbourg plus de liberté pour décider de sa politique économique. Une nouvelle concession pour enrayer la progression des indépendantistes écossais.

Pour la première fois le 6 septembre, un sondage a donné le "oui" à l'indépendance de l'Ecosse gagnant du référendum, qui se tiendra le 18 septembre. A Londres, où l'on ne prenait jusque-là pas vraiment au sérieux les velléités d'indépendance de la patrie du scotch, on a la gueule de bois. Pour enrayer la progression des indépendantistes, le Premier ministre conservateur, David Cameron, s'apprête à proposer plus de pouvoirs à Edimbourg, à condition qu'elle reste dans le giron britannique.

Ce plan de transfert de pouvoirs fédère conservateurs et travaillistes, la droite et la gauche anglaises, unis pour défendre le maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni. Les propositions devraient être officialisées ce mardi, mais il est attendu que Londres attribue aux Ecossais, qui disposent déjà d'une Assemblée et d'un chef de gouvernement, une autonomie plus importante en matière budgétaire.

Un "geste désespéré" pour les indépendantistes

Edimbourg disposerait de plus de liberté pour décider des impôts et des dépenses sociales qu'elle souhaite mettre en œuvre. Un sujet particulièrement sensible: les partisans du "oui" à l'indépendance martèlent qu'elle permettrait d'échapper à la politique d'austérité imposée par le gouvernement britannique. Un argument qui porte dans un pays majoritairement de gauche.

Pour les indépendantistes, qui promettent de rendre l'Ecosse "plus juste et plus prospère", ces propositions ne constituent qu'un geste "désespéré", à dix jours du vote. "Après avoir échoué à faire peur aux Ecossais, la prochaine étape est manifestement de tenter de nous acheter", s'est moqué Alex Salmond, le Premier ministre écossais et leader de la campagne pour le "oui".

La livre à son plus bas

En cas d'indépendance, de nombreuses questions se posent sur le plan économique. Par exemple, l'Ecosse continuera-t-elle d'utiliser la livre sterling? Comment la manne pétrolière de Mer du Nord va-t-elle être partagée? Sans réponse, et à mesure que les indépendantistes gagnent du terrain, les marchés s'inquiètent de tant d'incertitude.

La livre sterling est tombée lundi à ses plus bas niveaux en près de dix mois face au dollar. La monnaie britannique avait toutefois largement bénéficié des bonnes performances de l'économie du pays en prenant 15% face au dollar sur les 18 derniers mois.

Les craintes des investisseurs sont plus lourdes de conséquences sur les actions des banques basées en Écosse. Royal Bank of Scotland (RBS) et Lloyds Banking Group perdaient toutes deux 3,5%, ce lundi en cours de séance. Toutes deux ont fait savoir que l'indépendance de l'Ecosse représenterait un risque important pour leurs activités, et pour leur privatisation: après la crise des subprimes, elles ont été sauvées par l'Etat britannique, qui détient depuis des parts de leur capital.

N.G. avec agences