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Pascal Lamy: il faut "retrouver une courbe des taux qui permet de 'pricer' l'avenir"

L'ancien directeur général de l'OMC était invité sur le plateau de Good Morning Business, ce lundi. Il est notamment revenu sur la politique monétaire "ultralaxiste" des grandes banques centrales, dont la BCE, après la crise de 2008.

Faut-il revoir la politique monétaire en Europe et aux Etats-Unis ? C'est l'avis de Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC, invité sur le plateau de Good Morning Business, ce lundi. Alors que la Fed, tout comme la BCE, ont à nouveau abaissé leurs taux récemment, certaines voix s'élèvent pour revoir les objectifs des banques centrales. "Je ne crois pas, aujourd’hui, que ce soit un problème constitutionnel" conteste Pascal Lamy.

"La vérité c’est que, à la suite de la crise de 2008, on a mené des politiques monétaires ultralaxistes" avec "de la liquidité absolument partout. Les taux d'intérêt réels sont négatifs. Il va falloir, à un moment, sortir de cette situation" souligne-t-il.

"Alors, évidemment, c'est plus difficile d'en sortir quand la croissance pique du nez que quand la croissance marche" reconnait-il. "Je pense que les banques centrales, dans leur ensemble, sont en train de se demander effectivement comment on fait, dans un capitalisme de marché globalisé (…) pour retrouver une courbe des taux qui permet aux investisseurs de 'pricer' l'avenir. Et cela, il va falloir changer un certain nombre de choses pour y arriver."

Débat théorique 

Mais tout le monde n'est pas favorable à une remontée des taux, ni même à réduire la voilure sur la politique accommodante. "Quand on pense, d'un autre côté, que – et c'est le cas de certains – pour relancer les économies qui faiblissent un peu, il suffit de (lancer) l'helicopter money, c'est-à-dire les banques centrales distribuent de l'argent, on voit bien que le débat est théoriquement très compliqué aujourd'hui" indique Pascal Lamy.

En Europe, c'est donc Christine Lagarde, qui deviendra officiellement présidente de la BCE le 1er novembre prochain, qui aura la lourde tâche de choisir une nouvelle voie pour la politique monétaire ou, au contraire, de poursuivre celle initiée par Mario Draghi depuis la crise.

Thomas Leroy