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Pour Christine Lagarde, la BCE a encore de la marge si elle veut davantage soutenir l'économie

Christine Lagarde, future présidente de la Banque centrale européenne

Christine Lagarde, future présidente de la Banque centrale européenne - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

La future présidente de la BCE ne compte pas remettre en cause la politique de soutien à l'économie mise en œuvre par l'actuel dirigeant Mario Draghi.

L'arrivée de Christine Lagarde à Francfort devrait se faire en douceur. La future présidente de la Banque centrale européenne (BCE) s'est dite favorable au maintien de la politique monétaire actuelle de soutien à l'économie de la zone euro. "Il est clair que la politique monétaire a besoin de rester très accommodante dans un avenir prévisible", a-t-elle dit dans des réponses écrites au Parlement européen publiées jeudi, dans le cadre de la procédure de validation de sa nomination, ajoutant que la BCE n'avait pas encore atteint "le plancher" de sa politique en matière de taux d'intérêt.

Si les mesures prises par le conseil des gouverneurs de l'institut, présidé actuellement par Mario Draghi, ont permis à ce stade d'éloigner le spectre de la déflation et soutenu la croissance et l'emploi, l'inflation est "toutefois restée ces dernières années constamment sous les niveaux conformes à l'objectif d'inflation de la BCE", qui est proche de 2%, souligne l'actuelle directrice générale du FMI. Aussi, "l'expansion économique de la zone euro a ralenti récemment et les perspectives de croissance sont en baisse", ajoute-t-elle pour justifier la nécessité de mesures de soutien.

Cette situation s'explique par les incertitudes liées aux facteurs géopolitiques, aux pressions protectionnistes et aux vulnérabilités des marchés émergents", souligne-t-elle. En terme de réponse à apporter, "je ne pense pas que la BCE ait atteint le plancher" de sa politique en matière de taux d'intérêt, estime-t-elle, même s'il lui paraît "clair que des taux bas ont des implications pour le secteur bancaire et la stabilité financière en général".

Rassurer l'Allemagne

Une manière de tenter de rassurer l'Allemagne et son secteur bancaire, qui se plaint régulièrement de la politique de taux très bas de la BCE, responsable à ses yeux de lourdes pertes pour les épargnants. Les détracteurs en Allemagne de la politique expansive de la BCE estiment qu'elle vise surtout à soutenir les pays du Sud de l'Europe en difficulté, comme l'Italie, mais n'est pas adaptée à un pays comme l'Allemagne.

Lors de la prochaine réunion de l'institut francfortois le 12 septembre, les gardiens de l'euro pourraient adopter un train de mesures incluant une baisse du taux de dépôt, assortie d'un dispositif pour en atténuer l'impact sur la rentabilité des banques, et une relance du programme de rachats de dette sur le marché, mis en sommeil fin 2018.

Par ailleurs, Christine Lagarde table sur un "impact limité" du Brexit sur l'accès aux services du secteur financier en zone euro. Selon elle, le temps à venir avant le 1er novembre, date prévisible du Brexit, devrait "être utilisé par les entreprises financières et non financières pour continuer à se préparer à toutes les éventualités possibles".

J. B. avec AFP