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Zone euro : Lagarde alerte sur les faiblesses européennes

Christine Lagarde, future présidente de la Banque centrale européenne

Christine Lagarde, future présidente de la Banque centrale européenne - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

"L'union monétaire est effectivement plus résiliente qu'il y a dix ans, mais elle ne l'est pas assez", a-t-elle prévenu lors d’une conférence.

Face à une nouvelle crise, l’Europe n’est pas suffisamment armée. C’est le message en filigrane de la directrice du FMI, Christine Lagarde, lors d’une conférence organisée par la Banque de France (BdF), consacrée aux 20 ans de l'euro. « L'union monétaire est effectivement plus résiliente qu'il y a dix ans, mais elle ne l'est pas assez » a-t-elle martelé.

Rappelant que la zone euro avait « essuyé une violente tempête lors de la crise financière mondiale de 2008 », l’ex-ministre a souligné que « de nombreux ménages et entreprises portent encore les douloureuses cicatrices de ces événements, sources de disparités économiques entre les pays membres et en leur sein. »

Un manque de préparation

Face aux menaces d’une nouvelle récession mondiale, Christine Lagarde a aussi souligné que le système bancaire de la zone euro « est plus sûr, mais il ne l'est pas assez » pour affronter une nouvelle crise. « Il ne serait pas faux d'affirmer que l'Europe tarde à produire un écosystème financier complètement développé ». Selon elle, il devient donc urgent d’imaginer un mécanisme de mutualisation des risques bancaires et mettre en place un système de garantie commune des dépôts. « J'exhorte aujourd'hui les dirigeants de la zone euro à ranimer le débat, à négocier de bonne foi et à faire de difficiles compromis, afin de libérer tout le potentiel de l'union bancaire » a-t-elle souligné.

Au début de l’année, le FMI avait mis en garde contre le risque d’une nouvelle crise à l’échelle mondiale. « La prochaine crise n'est pas loin et nous sommes moins préparés que nous devrions l'être » expliquait David Lipton, le numéro 2 de l’institution dans une interview au Financial Times.