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Montebourg veut "une inflexion majeure de notre politique économique"

Arnaud Montebourg a une nouvelle fois taclé l'Allemagne.

Arnaud Montebourg a une nouvelle fois taclé l'Allemagne. - Jeff Pachoud - AFP

Le ministre de l'Economie a, dans son discours prononcé à la fête de la Rose, ce dimanche 24 juillet,affirmé que "l'austérité ne fonctionne pas", taclant une fois de plus Angela Merkel. Ce qui a provoqué l'ire de Matignon.

Arnaud Montebourg reste fidèle à sa ligne. Dans un discours prononcé ce dimanche 24 juillet à la fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, le ministre de l'Economie a fait une grande synthèse de son travail au sein du gouvernement tout en évoquant les défis qui l'attendent.

Il a affirmé que désormais "la politique reprend ses droits sur l'économie", vantant et défendant le "patriotisme économique", son "mot d'ordre".

Le ministre a, dans cette logique, rappelé la création du décret sur le contrôle des investissements étrangers, dont il a été à l'origine dans le cadre du feuilleton Alstom.

Surtout, Arnaud Montebourg a dressé une offensive importante contre l'austérité, taclant une nouvelle fois l'Allemagne. "Le régime imposé par Madame Merkel en Europe a conduit à l'anorexie", a-t-il ainsi jugé. "La France n'a pas vocation à s'aligner sur les idéologies excessives de la droite allemande qui détruisent l'économie", a-t-il complété.

Avant d'ajouter, en se référant au prix Nobel d'Economie Joseph Stiglitz, que "l'austérité ne fonctionne pas" et qu'il "faut stimuler l'économie".

"Une inflexion majeure de notre politique économique"

Après avoir critiqué la Banque centrale européenne qui, selon lui, a mis "trop de temps et pas assez de volonté" à baisser les taux d'intérêt, il a indiqué avoir demandé à François Hollande et Manuel Valls "une inflexion majeure de notre politique économique". Ce qui a provoqué l'ire de Matignon, l'entourage du Premier ministre ayant, après le discours d'Arnaud Montebourg, estimé que le ministre de l'Economie avait "franchi une ligne jaune".

"Après avoir aidé les entreprises, il me paraît indispensable de soutenir le pouvoir d'achat", a-t-il poursuivi, sans vouloir pour autant "opposer les ménages aux entreprises" car "nous avons besoin de la consommation et de l'investissement", l'économie "marchant sur deux jambes".

A ce titre, il a défendu une idée qu'il avait déjà exposée début juillet lors de son grand discours de politique économique: les trois tiers. En clair, les économies budgétaires doivent financer pour un tiers la réduction des déficits, pour un tiers le pouvoir d'achat des ménages, et un pour un tiers le soutien aux entreprises.

Enfin, Arnaud Montebourg a évoqué son futur projet de loi devant mettre fin à plusieurs monopoles (huissiers, avocats ) et a expliqué que ce texte peut s'apparenter à "une loi du pouvoir d'achat des classes populaires".

Julien Marion