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Montebourg critiqué à propos des gaz de schiste

Les propos d'Arnaud Montebourg ravivent les tensions sur l'exploitation du gaz de schiste.

Les propos d'Arnaud Montebourg ravivent les tensions sur l'exploitation du gaz de schiste. - -

Ministres et élus socialistes condamnent les propos d'Arnaud Montebourg sur une possible exploitation publique du gaz de schiste. Jean-Marc Ayrault a ainsi réaffirmé, ce 11 juillet, que l'interdiction était maintenue.

Avec sa sortie sur les gaz de schiste, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif, fait encore une fois parler de lui. Mercredi 10 juillet, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, il a déclaré vouloir une entreprise publique pour l'exploitation des gaz de schiste, le jour où une technique d'exploitation respectueuse de l'environnement sera trouvée. Une position qui ne passe pas bien du côté de sa majorité. Socialistes et écologistes l'ont rappelé à l'ordre.

"Une position a été définie, on s'y tient"

Avec ces dernières déclarations, Arnaud Montebourg va de nouveau à l'encontre de la position officielle du gouvernement. Philippe Martin, le tout nouveau ministre de l'écologie, n'a pas tardé à lui rappeler: "la question d'une exploitation écologique des gaz de schiste ne se pose pas". 

Jean-Marc Ayrault, en visite en Roumanie, a lui aussi fait une mise au point en fin d'après-midi. "Il n'y a qu'une politique au gouvernement", a-t-il rappelé. Il a ainsi réaffirmé que la politique d'interdiction d'exploitation du gaz de schiste "maintenue".

Invité de RMC/BFMTV, ce jeudi 11 juillet, Stéphane Le Foll, le ministre de l'agriculture, a lui aussi clairement critiqué la position de son collègue de l'industrie. "Ce n'est pas cohérent avec les choix qui ont été faits à la Conférence environnementale (…) Une position a été définie, on s'y tient », a tempêté le ministre.

Une provocation, mais pas de révocations

Mais malgré tout, il n’est pas question de remettre en cause la place d’Arnaud Montebourg au sein du gouvernement. Pour Bruno Le Roux, le chef de file des députés socialistes, il simplement est allé trop vite. Une provocation certes, mais pas de quoi justifier une révocation, explique-t-il.

L’épisode soulève pour autant la difficulté de l'exécutif à maintenir une position claire sur les gaz de schiste. L'ex-ministre de l'écologie Delphine Batho, tout juste débarquée du gouvernement, s'est d’ailleurs engouffrée dans la brèche.

Elle demande au Premier ministre de clarifier, une bonne fois pour toutes, ses intentions sur l'exploration de cette source d'énergie controversée. Les conclusions du débat sur la transition énergétique sont attendues pour le 18 juillet.

Isabelle Gollentz