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Brexit: les entreprises britanniques ne pourront plus profiter d'une main d'œuvre étrangère bon marché

Le Royaume-Uni doit sortir de l'UE le 29 mars.

Le Royaume-Uni doit sortir de l'UE le 29 mars. - Daniel Leal Olivas - AFP

Le gouvernement entend réduire son solde migratoire en obligeant les candidats à un visa de travail à justifier sur place d’un revenu annuel équivalant à 33.300 euros. Une mesure qui revient à réserver les emplois peu qualifiés aux Britanniques.

A 100 jours de sa sortie de l’Union européenne, les préparatifs se poursuivent au Royaume-Uni. Mais un certain flou persiste quant au fameux contrôle des frontières, argument longtemps mis en avant par les partisans du Brexit.

Le livre blanc que publie ce mercredi le gouvernement britannique doit dessiner les contours d’un nouveau système d’immigration qui mettra notamment fin à la libre circulation des citoyens. Objectif: réduire le solde migratoire –la différence entre le nombre d’individus arrivant sur le territoire et le nombre de départs pour plus d’un an– qui s’élevait à 280.000 en 2017.

L’idée? Ne laisser entrer que les travailleurs qualifiés. Ainsi, les nouveaux critères de délivrance des visas auront pour objectif d'inciter les entreprises britanniques "à se tourner en priorité vers la main d'oeuvre nationale", selon le ministre de l’Intérieur Sajid Javid. Les étrangers souhaitant s’installer dans le pays devront donc justifier d’un certain niveau de revenus, qu’ils soient européens ou non.

Le patronat vent debout

Reste à savoir à combien celui-ci s’élèvera. La question fait actuellement débat outre-manche, alors que le Comité consultatif sur les migrations (CAM) a recommandé de fixer le plancher à 30.000 livres (33.300 euros). Les visas étudiants ne seraient pas concernés. En revanche, les "petits boulots" (serveur, babysitter, etc.) prisés par les Français pourraient désormais être réservés aux locaux.

Les entreprises, elles, sont vent debout contre ce qu’elles considèrent comme un frein à leur compétitivité. Le CBI, principale organisation patronale britannique, a également déclaré craindre que la situation ne renforce des "pénuries de personnels déjà criantes" dans "les hôpitaux, la construction ou la distribution".

"Des compétences élevées ne sont pas synonymes de salaires élevés", a déclaré l'un des directeurs du système public de santé (NHS), Saffron Cordery, à la BBC. "Le salaire initial des infirmières est de 23.000 livres, celui des médecins juniors de 27.000 livres, et celui des aide-soignants de 17.000 livres".

Si la situation reste en l’État, ce nouveau système sera mis en oeuvre "par phases" à partir de 2021, soit après la période de transition post-Brexit prévu dans l'accord conclu entre Londres et Bruxelles, qui doit encore être ratifié par le parlement.

Yann Duvert avec AFP