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Les patrons veulent donner de la voix aux municipales

Les chefs d'entreprises veulent faire entendre leur voix en politique.

Les chefs d'entreprises veulent faire entendre leur voix en politique. - -

Les initiatives du monde de l'entreprise pour se lancer en politique à l'occasion des municipales de mars se multiplient. Les patrons ont-ils vraiment des chances de faire bouger les lignes?

Quand les hommes d'affaires se lancent en politique... Les initiatives pour qu'ils s'engagent dans le cadre des municipales fleurissent en cette période pré-électorale. En novembre, la CGPME incitait les chefs d'entreprise à se présenter pour faire partie des conseils municipaux. Et ce jeudi 23 janvier, c'est l'entrepreneur Denis Payre, qui labellise officiellement les listes de son tout nouveau parti, "Nous, citoyens".

Ce mouvement, qui regroupe aussi bien des professions libérales, des chefs d'entreprises que des socio-professionnels, revendique déjà 6.000 adhérents et compte présenter une dizaine de listes, en particuler à Paris. Il figurerait déjà parmi les dix premiers partis de France en nombre d'adhérents, selon son président, sur BFM Business le 22 janvier.

"Parrainer la croissance", l'association d'entrepreneurs créé par Denis Jacquet, a aussi inscrit nombre de ses membres sur les listes de "Nous, citoyens". Quel est l'intérêt, pour des chefs d'entreprises de discuter de la réfection de l'avenue Foch ou de la circulation des voitures dans Paris? "Il faut connaître ces problématiques si l'on est élus", a expliqué Denis Jacquet, ce jeudi 23 janvier, sur BFM Business. Mais ces municipales seront "une élection durant laquelle on parlera de thématiques nationales", estime-t-il.

On se soumet ou on se démet

Le président de Parrainer la croissance réfute l'affiliation à un bord politique ou un autre. La dualité droite-gauche n'a déjà "plus de sens aujourd'hui", nuance-t-il , "il n'y a qu'à voir les annonces formulées par le président qui piétinent très largement à droite alors qu'il est à gauche".

Les entrepreneurs qui investissent la politique, le politologue et co-fondateur d'Ipsos, Jean-Marc Lech, trouve l'idée intéressante. Mais il estime qu'elle est quasiment vouée à l'échec. "Ceux qui sont dans la vie politique, qui en ont fait leur métier" ont beau se montrer friands de tels profils à inscrire sur leur liste, ils n'admettent que "ceux qui acceptent les petits postes".

"On se soumet, ou on se démet", reconnaît Denis Jacquet, en référence à l'eviction de Charles Beigbeder à Paris. "Mais si on n'arrive pas à changer les choses de l'intérieur, on créera notre propre monde à l'extérieur". Encore faut-il élargir le phénomène qui "reste encore parisiano-parisien".

N.G.