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Les familles monoparentales n'ont jamais été aussi nombreuses

Voici quarante ans, seuls 10% des parents élevaient seuls leurs enfants. En 2020, ils représentent, selon l'Insee, un quart des ménages avec enfants.

Les familles monoparentales n’ont jamais été aussi nombreuses en France. Selon une enquête de l’Insee publiée ce lundi, elles représentent désormais un quart des ménages avec enfants. Depuis une quarantaine d’années, ce taux ne cesse d’augmenter.

Au début des années 80, les enfants élevés par un seul parent étaient bien moins nombreux. Seuls 10% des familles étaient alors monoparentale. Ce taux a ensuite progressé assez vite pour atteindre 16,7% en 1999. Et cette tendance s’est encore accentué depuis le début du siècle, pour atteindre précisément 24,7%.

Avec évidemment des conséquences majeures sur le plan économique et social. Dans 82% des familles monoparentales, c’est la mère qui doit gérer l’éducation de son ou ses enfants. Or les femmes sont moins bien payées que les hommes.

Moins de 1 famille monoparentale sur 3 est propriétaire

De plus, parmi ces mères vivant seules, celles qui ont un emploi ne sont que 75%. Cette inégalité est amplifiée par la problématique du logement. A priori, qu’on vive en couple ou qu’on soit seul à élever ses enfants, la superficie du lieu de vie devrait être la même.

Sauf que le revenu moyen des parents isolés étant plus bas, les conditions de logement diffèrent grandement avec celles qui prévalent dans une famille traditionnelle (un couple qui élève ensemble ses enfants).

Ainsi, 37% des familles monoparentales vivent en HLM contre 16% pour la famille traditionnelle. Et, faute de revenus suffisant pour emprunter, les familles monoparentales sont plus rarement propriétaires. Alors que les deux tiers des familles traditionnelles habitent un logement dont ils sont propriétaires, ce taux plafonne à 29% pour les familles monoparentales. Et, dans tous les cas, ces dernières vivent plus à l’étroit.

Sans aide, la majorité des parents isolés seraient sous le seuil de pauvreté

Le nombre croissant de familles monoparentales explique aussi en partie pourquoi la part des Français sous le seuil de pauvreté a eu tendance à progresser depuis le début des années 2000. Le taux de pauvreté dans les familles monoparentales de plus d’un enfant dépasse en effet les 40%.

Et il serait bien plus élevé, si ces parents isolés ne bénéficiaient pas d'aides publiques (allocations familiales, APL, RSA, prime d’activité...) permettant d’augmenter leur revenu initial.

La Dress estime que sans ce soutien financier de l’Etat, 61,3% des familles monoparentales de plus d’un enfant, vivraient sous le taux de pauvreté. Ce filet de sécurité est donc indispensable, mais en même temps il coûte aussi de plus en plus cher à l’Etat puisque la part des familles concernées augmente.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco