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Le premier test pour François de Rugy sera nucléaire

Nicolas Hulot et François de Rugy le 4 septembre

Nicolas Hulot et François de Rugy le 4 septembre - PHILIPPE LOPEZ / AFP

Le nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire est attendu sur le dossier du nucléaire. Alors qu'il a par le passé pris des positions très proches de celles de Nicolas Hulot sur la question.

Sur la table de François de Rugy, nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot a dû laisser en évidence un dossier urgent: celui du nucléaire.

Car l’atome sera au coeur de la feuille de route énergétique 2019-2023 et 2024-2028, attendue dans les prochaines semaines. En novembre, Nicolas Hulot annonçait que la France ne pourrait pas tenir l'objectif de ramener la part du nucléaire de 75% à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2025. Depuis, nombre de questions restent en suspens: quels réacteurs doivent fermer, à quelle échéance, de nouveaux EPR seront-ils construits?

Des prises de positions anti-nucléaire

Alors que Nicolas Hulot avait promis une liste précise, un "échéancier" pour "qu'on sache quels réacteurs et le nombre de réacteurs" seront concernés, il a démissionné en laissant entendre qu’il avait eu des difficultés à imposer ses vues.

Son successeur a, lui, toujours publiquement eu une position très proche sur la question nucléaire. "Il a un passé engagé sur l'environnement, notamment avec ses prises de positions anti-nucléaire”, a déclaré à l’AFP Jean-François Julliard, le directeur de Greenpeace France.

Candidat à la primaire de la gauche en 2017, François de Rugy y avait défendu la sortie progressive du nucléaire. Il se distinguait en prônant une sortie d'ici à 2040 et 100% d'énergie renouvelable en 2050. Dès mardi, ses déclarations passées ont refait surface. François de Rugy demandait ainsi la fermeture des centrales nucléaires de plus de 40 ans: "Dès qu’une centrale atteindra les 30 ans, EDF devra mettre en place un programme de reconversion", préconisait-t-il. En 2011, il s'oppose au patron d'EDF de l'époque, Henri Proglio, qui dans une lettre envoyée à ses salariés les appelle à se "mobiliser" en faveur de l'industrie nucléaire.

"On n'a aucun doute sur ses convictions, mais est-ce qu'il aura le poids suffisant pour réussir là où Nicolas Hulot n'a pas réussi, c'est-à-dire à surmonter les oppositions des différents lobbies?", s'interroge à l’AFP Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables.

Plus de marche de manoeuvre que Hulot?

"Tout le problème est de savoir ce qu'entendent faire le président et le gouvernement", souligne Géraud Guibert, du think tank La Fabrique écologique. "Est-ce que les différents appels qui se sont multipliés ces derniers jours (en faveur de la transition écologique) les amèneront à avancer de manière plus offensive sur un certain nombre d'arbitrages ?"

Là où Nicolas Hulot a échoué, François de Rugy a l’avantage de ne pas être un nouveau venu en politique. C'est "un écologiste légitime, tout à fait macroniste et il a un avantage majeur: il peut s'appuyer sur l'Assemblée nationale, ce que Nicolas Hulot n'a pas réussi à faire", a relevé l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage sur BFMTV.

“Ma méthode sera fondée sur le dialogue, bien sûr, la recherche de solutions partagées, et la décision. Et il y a des sujets sur lesquels il va falloir décider sans tarder (...), c'est le cas de la politique de l'énergie”, a-t-il déclaré lors de la passation de fonction avec son prédécesseur.

Anne-Katell Mousset avec AFP