BFMTV

Démission de Hulot: la surprise que personne n'a vu venir

Si le ministre de la Transition écologique avait mûri sa décision, l'annonce de sa démission s'est faite d'une manière précipitée, surprenant tout le monde. Y compris, sans doute, l'intéressé lui-même qui n'avait pas en tête ce timing.

L'annonce a fait l'effet d'un électrochoc. Sans crier gare, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, ministre d'Etat, a annoncé ce mardi sur France Inter qu'il quittait le gouvernement. Il a expliqué avoir pris "tout seul" cette décision". Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a regretté sur notre antenne le manque "de la plus élémentaire des courtoisies" de la part du ministre qui n'a prévenu ni le président de la République, ni le Premier ministre.

Alors que la communication politique est d'ordinaire bien réglée, rien n'était ici prémédité. S'il na pas prévenu ni son entourage, ni sa hiérarchie au sein de l'exécutif, c'est avant tout parce que la décision de démissionner n'était apparemment pas acquise avant l'entrée de Nicolas Hulot dans le studio de la radio. Thomas Legrand, éditorialiste chez France Inter, nous raconte cette scène presque surréaliste au micro de BFMTV: 

"Ce matin, quand il est arrivé, on a pris un café avec lui et il était en colère. On avait bien compris qu'il voulait pousser un coup de gueule, il nous l'a dit. Quand on (Thomas Legrand et Léa Salamé, NDLR) lui a fait remarquer qu'Edouard Philippe n'avait pas prononcé une seule fois le mot écologie dans son interview au JDD, il a dit: 'Parlez m'en et vous verrez ce que je vais vous dire'", commente Thomas Legrand.

La réunion avec les chasseurs, élément déclencheur

Le journaliste rappelle ensuite le rôle qu'aurait joué une réunion, lundi soir sur la chasse au cours de laquelle le prix du permis a été divisé par deux. 

"Il nous a raconté de lui-même la réunion d'hier (lundi) soir sur la chasse. Où, il a eu la surprise de voir Thierry Coste, un lobbyiste de la chasse et des armes, venir. Il avait prévenu Emmanuel Macron qu'il ne voulait pas voir de lobbyistes à ce genre de réunions et quand il l'a vu, il était furieux. Il s'en est entretenu avec Emmanuel Macron juste après qui lui aurait dit, 'je ne sais pas comment ce monsieur est rentré'. Là, il a eu le sentiment qu'on se foutait un petit peu de lui."

"On a vu ses collaborateurs se décomposer"

D'où, peut-être, ce moment politique rare où l'élan du discours l'emporte sur les plans de communication.

"Il avait décidé de démissionner et d'annoncer sa démission dans quelque temps, histoire de faire fructifier ce moment d'influence politique. Mais, en entrant dans le studio, il a visiblement changé d'avis, puisqu'on a vu ses collaborateurs qui étaient dans le studio avec lui, se décomposer. (...) Ce n'est pas un acte de girouette, c'est un acte mûrement réfléchi. On a compris pendant l'interview, qu'il arrivait au bout de ses contradictions et que ce n'était plus exprimable. Ce n'est pas un homme politique comme les autres. Je crois qu'on a vécu un moment de vérité politique."

Le démissionnaire a aussi expliqué dans le studio, face à Léa Salamé, que "ni son épouse, ni son entourage" n'était au courant de cette décision.

David Namias