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Le Portugal se dit prêt à éviter tout dérapage budgétaire

Mario Centeno, le ministre des Finances du Portugal, se veut rassurant auprès des autorités européennes.

Mario Centeno, le ministre des Finances du Portugal, se veut rassurant auprès des autorités européennes. - AFP - Patricia de Melo Moreira

La Commission européenne a ouvert une procédure de sanctions à l'encontre du pays. Le ministre des Finances portugais a pris sa plume pour tenter de l'éviter.

"Le gouvernement portugais est prêt à adopter les mesures budgétaires permettant de corriger tout dérapage éventuel": le ministre des Finances du Portugal, Mario Centeno, plaide la cause de son pays dans une lettre adressée au vice-président de la Commission européenne chargé de l'euro, Valdis Dombrovskis, et au commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Objectif: convaincre la Commission européenne que le pays ne connaîtra pas de dérapage budgétaire cette année. Ce, alors qu'une procédure de sanction à l'encontre du Portugal vient d'être engagée.

Déficit public sous les 3%

Le budget de l'État pour 2016 prévoit des dépenses gelées à hauteur de 346,2 millions d'euros, soit environ 0,2% du PIB, et des mesures de contingence chiffrées à 196,6 millions d'euros, a précisé le ministère des Finances dans un document publié avec la missive de Mario Centeno. "Nous nous engageons fermement à ne pas dégeler ces postes budgétaires", a ajouté le ministre, en réaffirmant que le Portugal parviendrait à ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB dès cette année.

Dans le même temps, le gouvernement portugais a de nouveau protesté contre l'éventuelle application de sanctions. "Cela n'a pas de sens, politiquement et économiquement, de sanctionner le passé d'un pays qui a déjà pris des mesures effectives, comme c'est le cas du Portugal", commente Mario Centeno.

Risque d'amendes 

Les ministres des Finances de la zone euro avaient enclenché la semaine dernière une procédure de sanctions, inédite dans l'histoire de la monnaie unique, contre le Portugal et l'Espagne pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour corriger leur déficit en 2015.

La Commission européenne doit proposer désormais des amendes, dont le montant maximum est de 0,2% du PIB, mais Pierre Moscovici a déjà dit qu'il souhaitait que la zone euro se dirige "vers des sanctions zéro".

Le Portugal avait manqué en 2015 son objectif de ramener son déficit public en-dessous des 3% du PIB. Gonflé par les coûts liés au sauvetage de la banque Banif en décembre, le déséquilibre avait atteint 4,4%.

A.R. avec AFP