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Le FMI réclame d'urgence une union bancaire en Europe

Les Européens envisagent de confier la supervision des banques européennes à la BCE

Les Européens envisagent de confier la supervision des banques européennes à la BCE - -

Dans son rapport sur la stabilité financière dévoilé à Tokyo le 10 octobre, le Fonds monétaire international s'alarme de la situation des banques européennes et préconise d'urgence des "progrès tangibles vers l’union bancaire".

"La confiance vis-à-vis du système financier mondial est devenue très précaire", estime le FMI, dont les dernières déclarations montrent une inquiétude de plus en plus aigüe. 

Dans son Rapport sur la stabilité financière dans le Monde, paru le 10 octobre, l’institution recommande la mise en œuvre rapide de l’union bancaire en zone euro pour "rompre le lien pernicieux entre dettes souveraines et banques locales"

Pourquoi seulement en zone euro ? Pour le Fonds, la crise qui y sévit "demeure la principale source de préoccupation". Pour ses experts, les marchés y perçoivent des "risques extrêmes concernant la redénomination de la monnaie", c’est-à-dire d’un retour aux monnaies nationales. Donc tout bonnement un éclatement de l’Union. Un discours particulièrement alarmiste, qui le devient encore plus quand il est question de "fuite des capitaux" susceptible de s'accentuer.

Le succès de l'union bancaire lié à une "supervision sans faille"

Outre des "réformes structurelles" et un "assainissement des finances publiques", le Fonds préconise d’accélérer le rythme de l’évolution du secteur bancaire en zone euro. Les membres de l'UE discutent déjà d'une Union bancaire, mais les négociations prennent du temps. Or pour le FMI, il y a urgence.

Pour lui, certaines banques, notamment celles des pays du sud de l'Europe, doivent encore bénéficier de recapitalisations. Les "établissements bancaires viables" doivent être restructurés au plus vite, et les banques non viables subir un "règlement". Quant à l'union bancaire à proprement parler, elle devra donner lieu, à long terme, à une"mutualisation des ressources" des banques et à la mise en place d’un"fonds commun de garantie des dépôts".

A l’heure où les Européens envisagent de confier le mandat de surveillance des banques à la BCE, l’institution dirigée par Christine Lagarde met en garde. Le système bancaire ne sera plus sûr qu’"à terme", dit-elle, et qu’à condition que soit mise en œuvre une "supervision sans faille".

Nina Godart