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Le budget de la Défense dans le viseur de Bercy

Jean-Yves Le Drian va présenter dans les prochains jours le nouveau Livre blanc de la défense

Jean-Yves Le Drian va présenter dans les prochains jours le nouveau Livre blanc de la défense - -

Avec un peu plus de 38 milliards d'euros en 2013, le budget de la Défense est l'un des principaux postes de dépenses. A l'heure des économies budgétaires réclamées par Jean-Marc Ayrault, il pourrait servir à nouveau de variable d'ajustement.

Grandes manoeuvres autour de l'effort financier de la nation pour sa défense à quelques jours de la publication par le gouvernement du nouveau "Livre Blanc" qui doit définir les priorités militaires pour la période 2014-2018.

Mercredi 13 mars, les présidents des groupes politiques du Sénat, exception faite des écologistes, ont publié un communiqué exprimant "leur très vive préoccupation devant les perspectives de réduction de l’effort de défense de la France c'est-à-dire de sa capacité d’influence dans le monde".

Ils "considèrent que le passage d’un effort de défense de 1,56 % en 2011 à 1,1 % en 2025, tel qu’il est envisagé, ne permettrait plus aux autorités de notre pays de maintenir le rôle de la France au niveau qui est le sien aujourd’hui".

Ils ajoutent : "la diminution temporaire du budget de la Défense dans la perspective d’une remontée à terme est illusoire. Une capacité militaire ne peut s’évaluer à la simple lecture de l’inventaire des matériels".

De leur côté, les patrons de sept grands groupes d'armement, Thales, Nexter, DCNS, Dassault Aviation, Safran, MBDA, EADS France, viennent de demander officiellement audience au chef de l'Etat pour l'alerter sur les conséquences économiques et en terme d'emplois d'éventuelles tailles dans le budget de la défense.

Des réductions d'effectifs entamées sous Sarkozy

Tous ont évidemment en tête les 5 milliards d'efforts réclamés par Jean-Marc Ayrault à ses ministres dans la lettre de cadrage budgétaire qu'il a envoyé le 8 mars. Pour le ministre de la Défense en tout cas, il existe en France "deux contraines de souveraineté" : que le pays "tienne son rang" militairement, mais aussi qu’il se désendette. Une équation à laquelle il "n’est pas en mesure" de répondre pour l'instant, a-t-il expliqué le sur BFMTV le 5 mars.

A vrai dire, le dégraissage a déjà commencé. Au terme de la loi de programmation votée sous Nicolas Sarkozy, la défense aura perdu 54 000 militaires et civils en 2014, soit 17% de ses effectifs. L'armée devra tourner avec moins de 300.000 personnes. De 2008 à 2014, les économies de fonctionnement déjà engagées devraient atteindre 6,7 milliards d'euros.

Concernant les moyens financiers, le gouvernement Fillon a également amputé la loi de programmation de près de 3 milliards d'euros sur 180 milliards.

Comment réaliser de nouvelles économies ? Dans un rapport présenté le 11 juillet, la Cour des comptes pointait en tout cas des gisements potentiels n'affectant pas "la capacité opérationelle de nos armées", selon son expression. Elle évoquait en particulier la rationalisation de la politique immobilière du ministère, la poursuite de la mutualisation des moyens entre les diiférentes armes ou encore la réforme du service de santé des armées.

Patrick Coquidé