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L'armée française mise au régime sec

Les opérations extérieures (ici en Afghanistan) pèsent pour 1,3 milliard d'euros par an.

Les opérations extérieures (ici en Afghanistan) pèsent pour 1,3 milliard d'euros par an. - -

Alors que François Hollande préside son premier défilé du 14 juillet, les militaires s'attendent à des coupes dans leur budget pour respecter l'objectif de réduction du déficit. La Cour des comptes estime possible 1 milliard d'économies par an.

C'est une certitude: les militaires devront faire avec moins de crédits dans les années à venir. Le chef de l'Etat pourrait d'ailleurs évoquer le sujet lors de son interview télévisée du 14 juillet.

Même si la défense constitue un domaine spécifique qui possède ses propres lois de programmation afin de sanctuariser les moyens financiers mis à sa disposition, il paraît évident qu'elle n'échappera pas à la rigueur budgétaire imposée par le gouvernement Ayrault. Lors de la campagne, François Hollande avait pourtant assuré que la défense ne servirait pas de "variable d'ajustement" budgétaire.

En tout cas, Jean-Yves Le Driant, le nouveau ministre de la Défense, a annoncé la préparation d'un Livre blanc sur l'avenir de la défense qui servira de base à une nouvelle loi de programmation 2014-2019 qui succédera à celle votée sous Nicolas Sarkozy en 2008.

Cette loi devrait être votée avant l'été 2013. Elle précisera en particulier les programmes et les équipements militaires qui seront abandonnés ainsi que ceux qui seront maintenus.

17% des effectifs supprimés en cinq ans

A vrai dire, le dégraissage a déjà commencé. Au terme de la loi de programmation Sarkozy, en 2014, la défense aura perdu 54 000 militaires et civils, soit 17% de ses effectifs. L'armée devra tourner avec moins de 300 000 personnes. De 2008 à 2014, les économies de fonctionnement déjà engagées devraient atteindre 6,7 milliards d'euros.

Concernant les moyens financiers, le gouvernement Fillon a également amputé la loi de programmation de près de 3 milliards d'euros sur 180 milliards.

Comment réaliser de nouvelles économies ? Dans un rapport présenté le 11 juillet, la Cour des comptes pointe des gisements potentiels n'affectant pas "la capacité opérationelle de nos armées", selon son expression.

Premier gisement: la renégociation de contrats d'achat de matériels. La Cour estime que les militaires devraient davantage se fournir en matériels standard.

Autre source d'économie: la masse salariale (20 milliards sur 38). La Cour juge indispensable de revoir le mécanisme trop généreux des avancements qui entraîne des surcoûts.

Reste la question centrale de la poursuite des grands programmes militaires (nouveaux hélicoptères ou blindés...). La Cour recommande la mutualisation avec d'autres pays européens de certains d'entre eux. Le programme d'avion gros porteur, A 400M, ou l'hélicoptère de combat Tigre en sont les premiers exemples.

Patrick Coquidé