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La France va embaucher 100 nouveaux espions

La DGSE va employer près de 500 personnes en 2013

La DGSE va employer près de 500 personnes en 2013 - -

Malgré la rigueur budgétaire imposée aux administrations, la Direction générale de la sécurité extérieure va embaucher de nouveaux agents en 2013, en particulier dans le domaine de la cyber-défense.

Vous rêvez de devenir agent secret. Bonne nouvelle, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), en clair les services spéciaux français, a 113 postes à vous proposer pour 2013.

Malgré la rigueur budgétaire qui touche presque toutes les administrations, le renseignement bénéficie pourtant de crédits en hausse : +3,9% en 2013, portant son budget à 600 millions d'euros, dont 82 millions pour acquérir de nouveaux matériels d'exploitation des renseignements. A cela, il convient d'ajouter les 50 millions de fonds spéciaux destinés aux missions à l'étranger qui peuvent être débloqués par Matignon.

Grâce à ce budget en hausse, la DGSE pourra recruter 95 nouveaux agents l'an prochain. Ce qui portera les effectifs totaux des services secrets français à 4 991 personnes dont 3 574 civils et 1 418 militaires. De 2009 à 2013, 500 personnes sont venues renforcer les rangs des renseignements extérieurs.

Espions en CDD

Que recherche aujourd'hui en priorité la DGSE ? Des chefs de projet en informatique et télécoms, des ingénieurs base de données, des ingénieurs coeur de réseau, mais aussi des crypto-mathématiciens, des traducteurs et des "exploitants linguistes" chargés de traduire les interceptions de communications.

Mais les services français recherchent également des comptables, des rédacteurs de marchés publics, des magasiniers et des cuisiniers pour "la Piscine", le siège de la DGSE, dans le XXeme arrondissement de Paris. Loin donc d'OSS 117, le prototype de l'espion tricolore.

En général, les nouveaux agents sont recrutés en CDD d'un à trois ans après une procédure de sélection de cinq à six mois. Ils peuvent être titularisés au bout de six ans.

Les services secrets vont également embaucher 13 nouveaux spécialistes de cyber-défense. Un secteur où la France est à la traîne. La tentative de cyber-attaque dont aurait été victime l'Elysée de la part des Américains et relatée cette semaine par L'Express, a d'ailleurs relancé la polémique sur ce retard.

"En comparaison avec d’autres Etats qui ont pris plus tôt la mesure des cybermenaces, les moyens sont limités", explique Guy Tessier, ancien président UMP de la commission de la Défense de l'Assemblée. Le budget consacré à cette lutte n'est que de 75 millions d'euros avec 360 spécialistes. "A titre de comparaison, ajoute-t-il, les services homologues en Allemagne et au Royaume-Uni disposent d’environ deux fois plus d’agents. Les Etats-Unis devraient consacrer 50 milliards de dollars à la cyberdéfense pour la période 2010-2015, et le Royaume-Uni devrait fournir un effort supplémentaire de 750 millions d’euros pour la période 2010-2014".

Patrick Coquidé