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L'Etat pourrait "reprendre la dette de la SNCF" confirme Bruno Le Maire

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. (image d'illustration)

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. (image d'illustration) - Ludovic Morin - AFP

Le ministre de l’Économie suggère que l’État "reprenne progressivement la dette de la SNCF", à condition que les cheminots acceptent la réforme du gouvernement.

Bruno Le Maire évoque un "geste très important". "S'il y a un accord sur la transformation de la SNCF, que la SNCF fait sa mue, devient plus compétitive et cesse d'être systématiquement déficitaire comme c'est le cas actuellement, l'État est prêt à faire un effort. À savoir, reprendre progressivement la dette de la SNCF", a expliqué le ministre de l'Économie sur Europe 1.

"Nous pensons que c'est une proposition juste et responsable", a ajouté le ministre, qui s'était jusque-là refusé -comme l'ensemble du gouvernement- a évoquer aussi nettement une reprise par l'État de cette dette faramineuse.

"D'un côté, les cheminots font un effort, ils permettent à la SNCF de rentrer dans la concurrence et d'instaurer la polyvalence des métiers et ainsi que la SNCF ne perde pas 3 milliards d'euros par an. De l'autre côté, l'État fait un geste très important en reprenant progressivement cette dette qui empêche la SNCF de se développer", a-t-il précisé. 

Ces propos font écho à ceux tenus jeudi midi par Emmanuel Macron, qui a pour la première fois mentionné la possibilité de voir l'État reprendre, à ses frais, une partie des 47 milliards d'euros de dette de SNCF Réseaux. La dette "sera pour partie progressivement reprise, à mesure que ces réformes se font", a déclaré le président de la République, invité du journal de TF1.

La dette, point d'achoppement entre l'exécutif et les syndicats 

"Il faudra regarder les modalités techniques, mais à partir du moment où (la SNCF) deviendra une société telle que je l'ai définie à capitaux publics, elle peut pas porter 50 milliards de dettes. Donc l'État va dès le début en reprendre une partie", a-t-il ajouté.

La reprise de la dette de la SNCF est l'un des principaux points d'achoppement entre l'exécutif et les syndicats de cheminots, qui ont appelé à de nouvelles journées de grève vendredi et samedi. Pour les syndicats, cette reprise doit être un préalable à toute réforme. Le gouvernement, qui se contentait jusqu'à présent de dire qu'il "prendrait ses responsabilités" sur cette question, estimait de son côté qu'elle ne pourrait intervenir que dans un second temps, une fois la réforme mise en oeuvre, afin que la dette ne se reconstitue pas.

A.M. avec AFP