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Imbroglio autour de la grève qui affecte les RER A et B parisiens

Le mouvement social à la RATP coïncide avec la journée syndicale de solidarité aux ex-salariés de Goodyear à Amiens mais il serait lié à des revendications plus prosaïques.

Le mouvement social à la RATP coïncide avec la journée syndicale de solidarité aux ex-salariés de Goodyear à Amiens mais il serait lié à des revendications plus prosaïques. - Bertrand Guay-AFP

La grève de ce 4 février 2016 ne porte que sur les lignes RER A et B d'Ile-de-France. Si la CGT-RATP n'est pas à l'origine du préavis de grève, ceux qui sont à l'origine du mouvement, parlent de "récupération" syndicale.

Les usagers des lignes A et B du RER francilien sont-ils sûrs d'avoir compris les motifs de la grève qui les affecte ce jeudi 4 février? En milieu d'après-midi, le trafic était toujours fortement perturbé, la RATP affichant une fréquence d'un train sur deux.

Cette journée de grève coïncide avec l'appel à la CGT qui a mobilisé, ce 4 février, ses troupes au nom des libertés syndicales, réclamant la relaxe de 8 ex-salariés de l'usine de pneus Goodyear d'Amiens-Nord. 

Mais officiellement, la CGT-RATP, qui soutient ce mouvement de solidarité, prétend ne pas être à l'origine du préavis de grève dans l'entreprise publique. Elle évoque même, dans un tweet (ci-dessous), "l'intox de la direction" même si certains de ses représentants appuient ouvertement la grève.

Mohammed Oussedik, membre de la direction confédérale de la CGT, expliquait, la veille, le 3 février, sur l'antenne de RTL: "La mobilisation répond à un droit de grève pour protester contre les entraves au droit syndical".

Sur le site internet de la RATP, on évoque prudemment le "mouvement de solidarité nationale pour la journée du jeudi 4 février" sans mettre en cause aucun syndicat. 

Quel est donc le motif réel de ce mouvement social sachant que la grève de solidarité externe (effectuée en soutien à des salariés n'appartenant pas à l'entreprise) n'est licite que dans un contexte précis: lorsqu'elle a pour but de défendre les intérêts professionnels et collectifs de l’ensemble du personnel.

Il semble bien que cette grève, qui n'affecte que les lignes RER A et B, ait pour origine des revendications spécifiques, liées aux conditions de travail. Particulièrement suivi, ce mouvement social n'aurait pas mobilisé autant les conducteurs sur le seul motif de la solidarité avec les salariés de Goodyear.

De là à penser que ce mouvement social serait né de revendications issues de la base, puis accompagné voire récupéré par les syndicats, il n'y a qu'un pas que n'hésitent pas à franchir certains.

C'est l'opinion de Philippe, conducteur du RER B, intervenant sur l'antenne de RTL: "Je pense qu'il y a eu récupération des syndicats car, à l'origine, le mouvement vient de la base, des conducteurs eux-mêmes. Ce n'est pas uniquement pour les gens de Goodyear que nous faisons un mouvement social aujourd'hui, c'est pour des conditions de travail qui se dégradent énormément pour les RER A et B", évoque-t-il. 

Un gréviste de la RATP, interrogé par l'AFP, tract à l'appui, affirmait qu'il s'agissait uniquement d'un mouvement interne visant à dénoncer un "harcèlement managerial".

F.Bergé