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Heures supplémentaires : leur exonération rapportera 3 milliards de pouvoir d'achat

Le pouvoir d'achat des ménages devrait augmenter de 850 euros en 2019

Le pouvoir d'achat des ménages devrait augmenter de 850 euros en 2019 - Eric Piermont - AFP

La défiscalisation et désocialisation des heures supplémentaires, en vigueur au 1er janvier, faisaient partie des annonces d’Emmanuel Macron du 10 décembre dernier.

Plus de pouvoir d’achat. C’est le mantra du gouvernement pour l’année 2019. Pour y parvenir, l’exécutif compte sur la défiscalisation et désocialisation des heures supplémentaires, entrées en vigueur au 1er janvier.

Selon Matignon, qui confirme une information de RTL, cette mesure rapportera 3 milliards d’euros de pouvoir d’achats pour les salariés et les fonctionnaires.

Toujours selon Matignon, 6,8 millions de salariés du privé ont effectué en moyenne 11 heures supplémentaires par mois au 1er trimestre 2019. Concrètement, l’exonération redistribue 670 millions d’euros : 400 millions d'euros de cotisations sociales et 270 millions d'euros d'impôt sur le revenu.

Ainsi, un salarié rémunéré 1.500 euros net par mois et réalisant 11 heures supplémentaires par mois bénéficiera d'un gain de pouvoir d'achat annuel d'environ 600 euros, soit 50 euros par mois, explique Matignon.

17 milliards d'euros de mesures

La défiscalisation des heures supplémentaires fait donc partie du grand train de mesures à 17 milliards d'euros qui doivent doper le pouvoir d'achat. 

Selon la plupart des observateurs, il connaîtra une hausse « inconnue depuis des années » : 850 euros en moyenne par ménage.

Selon l’OFCE, les mesures annoncées permettront de redistribuer 12 milliards d’euros aux ménages et elles viendront s’ajouter à une « hausse significative » du salaire réel (+1,5% en 2019 après 0,3% en moyenne entre 2017 et 2018).

Ce qui permettra à la seconde de résister dans un contexte européen atone. Sauf coup de théâtre, la croissance française cette année sera supérieure à celle de la zone euro et supérieure à celle de l’Allemagne avec une progression attendue à 1,5%.

Mais ce scénario pourrait se heurter à la prudence des ménages français, connus pour leur propension à épargner plutôt qu’à consommer. D'ailleurs, la consommation baisse pour le second mois consécutif en mars. Elle s'est inscrite en repli de 0,1% en volume le mois dernier, après avoir baissé de 0,4% en février, selon les chiffres de l’Insee.

la rédaction