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Réouverture des cinémas: pop-corn interdit et masque obligatoire

Une femme passant à vélo devant un cinéma fermé de Montpellier en novembre dernier. (Photo d'illustration)

Une femme passant à vélo devant un cinéma fermé de Montpellier en novembre dernier. (Photo d'illustration) - Pascal GUYOT

Roselyne Bachelot, la ministre du la Culture a donné le cadre du redémarrage des salles obscures. Les exploitants grincent des dents.

Comme les commerces, les cinémas vont enfin pouvoir rouvrir leurs portes le 19 mai prochain après plusieurs mois de fermeture pour cause de confinement. Ce redemarrage sera néanmoins très encadré comme l'a précisé Roselyne Bachelot, la ministre du la Culture à l'Assemblée nationale.

D'abord, les salles ne pourront être remplies qu'à 35%. La jauge passera à 65% le 9 juin et si tout se passe bien au niveau sanitaire retrouvera les 100% le 30 juin prochain. Ensuite, comme prévu, le port du masque sera obligatoire pour les spectateurs.

Mais la mauvaise nouvelle, c'est le maintien de la fermeture des stands à confiseries, qui vendent glaces et autre pop-corn et de tout autre boutique alimentaire. Le gouvernement justifie cette décision en avançant deux arguments. Celui des conditions sanitaires afin d'empêcher les spectateurs d'enlever leurs masques dans les salles pour déguster leurs friandises.

Un spectateur sur deux achète à manger au cinéma

Et celui de l'équité vis-à-vis des bars et des restaurants qui seront encore partiellement fermés le 19 mai (leur réouverture totale est programmée pour le 9 juin).

Si pour certains cinéphiles, cette interdiction de manger dans les salles est une bénédiction, pour les exploitants, elle est très mal vécue compte tenu du poids de cette activité dans leur chiffre d'affaires. Selon une étude, en 2018, 16% de leurs revenus étaient issus des boissons et des confiseries. C'est bien moins qu'aux Etats-Unis (40%) mais ce chiffre progresse année après année.

Selon une autres étude, cette fois de 2019, 48% des spectateurs français avaient acheté à manger ou à boire lors de leur dernière séance de cinéma (contre 73% aux Etats-Unis) et un sur trois du pop-corn. Mais chez les jeunes de 15 à 24 ans, ce taux se hisse à 65%.

En moins de 20 ans, la part de la vente de confiseries dans le chiffre d'affaires des cinémas a triplé en France. 

Face à manque à gagner, le gouvernement a promis un dispostif d'aide en période de reprise "prolongeant ceux mis en place à l'automne dernier". Roselyne Bachelot souhaite également mettre en place un "fonds de compensation des billetteries pour accompagner cette reprise progressive".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business