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Premier confinement: l'Ile-de-France, territoire le plus affecté par la chute de l'activité

Les Français accumuleraient 55 milliards d'euros d'épargne avec le confinement

Les Français accumuleraient 55 milliards d'euros d'épargne avec le confinement - Philippe HUGUEN / AFP

Si toutes les régions ont été impactées par le strict confinement du mois de mars 2020, c'est bien la région capitale qui a le plus souffert.

Générant environ 30% de la richesse nationale, l'Ile-de-France est très logiquement la région qui a le plus souffert du premier confinement en terme d'activité économique, peut-on lire dans une étude de l'Insee.

Celle-ci s'est repliée au premier semestre 2020 de 19% contre –16% dans le reste de la France. Aucun type d'entreprise n'a été épargné: le recul atteint 20% pour les petites sociétés de 10 à 49 salariés (contre -17% au niveau national) et -16% pour les plus grandes de 250 salariés ou plus (contre -14%).

38% des sociétés franciliennes ont enregistré une perte de chiffre d’affaires supérieure à 50% (contre 33% des sociétés dans le reste de la France) et, réciproquement, un peu moins de 6% ont vu leur activité se développer (contre 8%).

38% des entreprises franciliennes ont vu leurs chiffres d'affaires baisser de plus de 50%

"L’industrie francilienne a particulièrement pâti des difficultés rencontrées par les filières automobile et aéronautique, et de la baisse des exportations à la suite des fermetures des frontières", souligne le statisticien qui évalue la baisse de son chiffre d’affaires à 19% au 1ᵉʳ semestre 2020 (-15% dans les autres territoires).

Évolution du chiffre d’affaires au 1ᵉʳ semestre 2020 par rapport au 1ᵉʳ semestre 2019
Évolution du chiffre d’affaires au 1ᵉʳ semestre 2020 par rapport au 1ᵉʳ semestre 2019 © Insee

"De même, les transports ont souffert de la moindre demande de transports collectifs (notamment souterrains) et de l’effondrement du trafic aérien international (–23% contre -16%). Quant aux services aux entreprises, un des points forts de la région, ils suivent le reflux national (-13%)", peut-on lire.

Les activités touristiques ont évidemment fortement régressé avec l'absence quasi-totale de touristes étrangers avec des reculs de 55% dans la restauration et de 39% dans l'hébergement.

L'Ouest est le territoire qui a le mieux résisté

Du côté des territoires qui ont le mieux résisté on trouve l'Ouest qui dans le même a été le moins touché par l'épidémie. L'activité globale y a reculé de 15% tous secteurs confondus, "du fait d’un moindre recul de l’activité dans la construction et les transports ainsi que dans le commerce".

Il en va de même pour le Sud-Ouest (–15% également), "qui bénéficie d’une spécialisation relative dans les activités commerciales, moins affectées par le confinement".

L'Insee s'est également penchée sur la ventilation des entreprises fermées administrativement. 32% des sociétés d'Ile-de-France de 10 salariés ou plus ont suspendu leur activité contre 34% au niveau national. Mais ces fermetures ont été plus longues qu'ailleurs "quel que soit le secteur d’activité, à l’exception des transports" avec une moyenne de 68 jours contre 58 au niveau national.

"La région parisienne a notamment été pénalisée par le poids, plus important qu’ailleurs, d’activités soumises à des restrictions prolongées: restauration (la réouverture complète des établissements n’a eu lieu qu’à la mi-juin), arts et spectacles dont production audiovisuelle. Avec également l’absence de visiteurs étrangers, les lieux d’hébergement sont restés clos faute de clientèle, et l’événementiel et le commerce de luxe, fortement tributaires des touristes asiatiques et américains, ont souffert", souligne l'étude .

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business