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Ordinateurs: Thomson relocalise une partie de sa production en France et poursuit son développement

Relancer une marque française sur le marché des ordinateurs et des tablettes dont la production serait localisée en France. C'est le pari de Stéphan Français, PDG de Thomson Computing.

Relancer une marque française sur le marché des ordinateurs et des tablettes dont la production serait localisée en France. C'est le pari de Stéphan Français, PDG de Thomson Computing. - Thomson Computing

Hausse du coût des transports, qualité aléatoire..., le fabricant renforce son modèle Made in France quitte à réduire ses marges. Sur le segment des ordinateurs à moins de 300 euros, il est devenu le leader en France.

En 2016, la mythique marque française d'ordinateurs Thomson renaîssait de ses cendres. Un entrepreneur, Stéphan Français sétait lancé trois ans plus tôt dans la conception et la fabrication de PC de bureau ou portables en réutilisant une marque qui fut à l'honneur il y a 30 ans avec des ordinateurs familiaux, les TO7 et MO5 à la faveur d'un accord de licence avec Technicolor.

Cet ancien directeur des achats de Surcouf, l'ex-revendeur de composants informatiques, développe alors un catalogue de machines produites à petits volumes. Une grande partie de ces ordinateurs ou tablettes sont fabriquées en Chine et une petite partie (pour des PC faits à la demande) est assemblée en France à Noisy-le-Sec.

Aujourd'hui, Thomson Computing renforce son tropisme français. Il s'agit avant tout de répondre au contexte: le prix des transports depuis la Chine a en effet explosé depuis que la reprise économique prend forme. L'entreprise est par ailleurs confrontée à des problèmes de qualité de la part de son sous-traitant chinois.

L'entrée de gamme reste et restera en Chine

Dans cette unité de Seine-et-Marne, l'objectif est de hisser la production à 1000 pièces par semaine. Mais comme beaucoup de relocalisations, la production ne concerne pas l'entrée de gamme où les coûts planchers sont nécessaires.

"Sur le milieu haut de gamme, il y a un peu plus de marge. Nous avons accepté de réduire nos marges pour produire français", explique à France Info, Stéphan Français. D'autant plus que selon lui, les coûts de production en France sont dix fois supérieurs à ceux pratiqués en Chine.

Mais le fabricant s'appuie sur des subventions publiques, notamment dans son autre unité d'assemblage à Noisy-le-Sec qui fait travailler des personnes handicapées grâce à un partenariat avec l'association des paralysés de France. De quoi réduire le coût de la main d'oeuvre.

Thomson est un petit poucet du marché mais il illustre un retour timide des européens sur le marché ultra-compétitif des ordinateurs aujourd'hui dominé par les chinois (Lenovo) et les américains (HP, Dell, Apple).

Accord avec Avenir Telecom

Le fabricant a ainsi passé des accords de distribution avec Leclerc, Système U et Conforama et explique également écouler des machines en Europe et aux Etats-Unis. Et sa petite taille lui permet d'être plus agile face aux problématiques de pénurie de composants.

L'image de marque fait son effet puisque Thomson détiendrait environ 36% de part de marché en France, en 2020, sur le segment des PC portables à moins de 300 euros (selon GfK), soit la première place dans ce segment.

Rappelons néanmoins que ce segment ne représente pas le coeur du marché des PC qui se situe autour des 500/700 euros, d'autant plus actuellement: les consommateurs dans une logique de télétravail optent majoritairement pour des machines plutôt haut de gamme. Le fabricant dispose aujourd’hui d’un carnet de commandes de l’ordre de 70 millions d’euros.

En juin dernier, l'entreprise annonce également un accord avec Avenir Telecom (concepteur et distributeur de téléphones mobiles et d’accessoires de mobilité sous la marque Energizer notamment).

"L’ambition des deux partenaires est de mettre en œuvre des synergies industrielles, commerciales et financières pour poursuivre la success story de la marque Thomson Computing", peut-on lire dans un communiqué.

Et de poursuivre: "Avenir Telecom va faire bénéficier à son nouveau partenaire de son expertise depuis plus de 30 ans, dans l’approvisionnement en composants, la fabrication auprès des meilleurs assembleurs en Asie et la logistique internationale. L’objectif est d’optimiser la disponibilité et la rentabilité des produits pour répondre à la forte demande des réseaux de distribution (Best Buy, Wallmart, MediaMarkt et la grande distribution française et européenne) dans un marché sous tension".

Vers une introduction en Bourse?

L’accord prévoit également un volet commercial avec une ouverture du réseau international de partenaires distributeurs d’Avenir Telecom, couvrant aujourd’hui plus de 55 pays dans le monde, aux produits de la gamme Thomson Computing.

"J’ai immédiatement vu dans Avenir Telecom un partenaire idéal pour poursuivre notre plan de développement. Au-delà du soutien pour accompagner notre croissance, ils nous offrent un accès à des compétences et un réseau parfaitement complémentaires au nôtre. J’ai annoncé à plusieurs reprises ma volonté d’ouvrir le capital de Thomson Computing, potentiellement dans le cadre d’une entrée en Bourse.", commente Stéphan Français.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business