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Les Français veulent payer moins d'impôts tout en préservant les services publics

Les Français affichent "une double attente de préserver les services publics tout en diminuant les impôts, qui est le défi à relever", notent les auteurs de l'étude.

Les Français affichent "une double attente de préserver les services publics tout en diminuant les impôts, qui est le défi à relever", notent les auteurs de l'étude. - Sven Nackstrand- AFP

57% des Français préféreraient une diminution des impôts à une amélioration des services publics, selon une étude de l'Institut Paul Delouvrier. Mais dans le même temps, ils souhaitent préserver le même niveau de prestations, notamment dans les secteurs de la santé et de l'emploi.

Payer moins d'impôt est une priorité pour une large majorité de Français. Ils sont désormais 57% (+6 points en un an) à dire préférer une diminution des impôts, quitte à réduire les prestations des services publics, contre 43% (-5) à souhaiter prioritairement une amélioration de ces services. C'est ce que met en avant une étude de Kantar Public menée pour l'Institut Paul Delouvrier et publiée ce mercredi. Et les résultats de ce sondage sont d'autant plus intéressants qu'il a été réalisé trois semaines avant le début du mouvement des "gilets jaunes".

La préférence des Français pour la diminution des impôts repart nettement à la hausse après trois années de recul, souligne l'association qui veut favoriser la modernisation de l'action publique. Les retraités (63%), les employés et ouvriers (57%) et les habitants des territoires les moins peuplés (60%) se déclarent davantage en faveur d'une diminution des impôts que les catégories favorisées (CSP+, 53%) et les habitants de l'agglomération parisienne (52%).

Une double attente qui est un défi à relever

Cette préférence "témoigne de la crispation croissante d'une partie du pays à l'égard de la pression fiscale", selon les auteurs de ce 14ème baromètre de l'Institut Paul Delouvrier. "On ne retrouve toutefois pas les niveaux observés en 2014 en plein ras-le-bol fiscal" quand 65% des personnes interrogées privilégiaient la réduction des impôts, soulignent-ils.

Mais dans le même temps, les Français sont très attachés aux services publics. Ils affichent "une double attente de préserver les services publics tout en diminuant les impôts, qui est le défi à relever", notent les auteurs de l'étude. Les Français sont cependant de moins en moins nombreux (52%, contre 60% en 2015) à penser que des économies sont possibles dans les services publics sans diminuer leur qualité.

Difficile de trouver où faire des économies

Dans le détail, moins d'un usager sur deux pense que des économies sont possibles dans la justice (47%, -10), la santé publique (43%, -6) et le logement (50%, -5). Ce recul s'observe aussi pour la fiscalité (65%, -8) et la sécurité sociale (61%, -7).

Parmi les services publics qui sont, selon les Français, prioritaires, la santé publique passe en tête pour la première fois, à 44% (+2), à égalité avec l'emploi et la lutte contre le chômage (44%, -4). La police/gendarmerie reste stable (33%, +1) après avoir bondi en 2016 de 16 points dans un contexte post-attentats. L'environnement enregistre une hausse de six points, à 26%.

Enfin, face à la digitalisation des services publics, il existe "une demande croissante d'accompagnement des usagers", qui sont 39% (+6) à vouloir pouvoir les joindre plus facilement.

(1) Enquête réalisée par Kantar Public du 26 octobre au 8 novembre par internet auprès d'un échantillon de 2.599 personnes, représentatif de l'ensemble des résidents en France âgés de 15 ans et plus (méthode des quotas).

C.C. avec AFP