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Le déblocage de dépôts pétroliers en régions résoudra-t-il le début de pénurie de carburants?

La levée du blocage des deux dépôts pétroliers bretons devraient permettre un retour à la normale dans les stations-service de Bretagne.

La levée du blocage des deux dépôts pétroliers bretons devraient permettre un retour à la normale dans les stations-service de Bretagne. - Guillaume Souvant-AFP

Le blocage des dépôts pétroliers de Brest et Lorient ont été levés hier mardi en fin de journée, quelques heures après les annonces du Premier ministre Edouard Philippe. Outre la Bretagne, la Normandie et certaines zones du Sud-Est subissent un début de pénurie de carburants.

En régions, plusieurs dépôts de carburants ont été débloqués, ce qui devrait résoudre progressivement les problèmes d'approvisionnement des stations-service, à sec dans de nombreuses villes. En Bretagne, quelques heures après la levée du blocage au dépôt de Brest et après avoir maintenu leur mot d'ordre dans un premier temps, les entrepreneurs indépendants de travaux publics qui bloquaient depuis sept jours le dépôt pétrolier de Lorient (Morbihan) en soutien aux "gilets jaunes" ont mis un terme à leur action hier mardi 4 décembre en fin d'après-midi.

Le dépôt pétrolier de Brest a été débloqué

Au dépôt pétrolier de Brest, qui fut également bloqué depuis sept jours par des indépendants des travaux publics, la revendication restait la même mais les manifestants ont salué "l'effort de l'État". "On juge satisfaisant le moratoire de six mois", a expliqué Julien Camblan, artisan-terrassier, en se disant prêt à "revenir" au bout de six mois si le tarif réduit du GNR est supprimé.

La mesure, qui figure dans l'article 19 du projet de loi de finances devait supprimer le tarif réduit de taxe intérieure de consommation (TICPE) sur le GNR le 1er janvier 2019.

À court terme, la levée du blocage des deux dépôts pétroliers bretons devraient permettre un retour à la normale dans les stations-services de la région où la pénurie des carburants commençait hier mardi 4 décembre, à gagner du terrain, notamment dans le Morbihan et les Côtes d'Armor, après avoir démarré lundi 3 décembre dans le Finistère.

En Normandie, la pénurie de carburants s'est étendue

Parallèlement, en Normandie et dans le Sud-Est, la situation s'est aussi aggravée hier mardi. Dans l'Orne, plusieurs stations-service en rupture étaient fermées. Ailleurs, les automobilistes devaient faire face à des files d'attente interminables.

En Seine-Maritime, "on n'a pas de problème d'approvisionnement mais il y a eu une ruée" une "surconsommation par précaution", de la part d'automobilistes, relevait la préfecture. Dans le Var, la gendarmerie est intervenue à 05H30 pour débloquer le dépôt pétrolier de Puget-sur-Argens, bloqué depuis 24 heures par les "gilets jaunes". L'évacuation s'est faite sans heurts selon la gendarmerie.

Des stations-service à sec dans le Gard et l'Hérault 

À la station Total Garigliano à Nice, un employé a confirmé une pénurie de gazole normal faisant suite au blocage du dépôt varois, de même qu'à Marseille où plusieurs stations-service étaient fermées. Des pénuries se font sentir aussi chroniquement depuis une quinzaine de jours sur le Gard et l'Hérault. Certaines stations sont fermées suite aux blocages récurrents des dépôts de Frontignan (Hérault) et Port-La Nouvelle (Aude).

En Loire-Atlantique, les "gilets jaunes" ont mené des opérations de barrages filtrants notamment à Saint-Nazaire, à proximité du port et Donges, près de la raffinerie Total.

F.Bergé avec AFP