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Gilets jaunes: pour sortir de la crise le gouvernement devrait commencer par augmenter les petites retraites

La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé avoir pris des arrêtés d'interdiction de rassemblements de gilets jaunes.

La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé avoir pris des arrêtés d'interdiction de rassemblements de gilets jaunes. - Pascal Pavani - AFP

Selon un sondage, les Français jugent que les gilets jaunes devraient arrêter de manifester si le gouvernement décide en priorité de revaloriser les petites retraites. Le report de la hausse des taxes sur les carburants n'arrive qu'en quatrième position.

Comment sortir du conflit avec les gilets jaunes? Édouard Philippe a annoncé mardi un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants. Cela sera-t-il suffisant? Pas tout à fait, répondent les Français, dont près des trois quarts soutiennent toujours les gilets jaunes, selon un sondage Harris Interactive pour RTL publié lundi. Si le prix des carburants est l'étincelle qui a déclenché la mobilisation, ce n'est plus la première des priorités.

Les Français considèrent (82% des interrogés) que le mouvement devrait arrêter les manifestations si le gouvernement décide d'abord de revaloriser les petites retraites, selon un sondage BVA* pour La Tribune publié ce mercredi. Pour mémoire, les pensions ne seront revalorisées que de 0,3% en 2019, soit bien en-dessous de l'inflation (1,9% attendu cette année).

Seul le minimum vieillesse va bénéficier d'une hausse au 1er janvier de 35 euros pour une personne seule, portant le montant à 868 euros par mois, et 54 euros pour un couple, soit 1348 euros par mois. Environ 600.000 personnes sont concernées. Certains gilets jaunes ont demandé à ce qu'il n'y a pas de pension de retraite en-dessous de 1200 euros.

Le report de la hausse des taxes carburants en quatrième position

La seconde mesure la plus souvent citée (77%) par les Français est la revalorisation du Smic. Mais le Premier ministre a déjà prévenu que le salaire minimum ne bénéficiera pas d'un coup de pouce supplémentaire au 1er janvier, en plus de la revalorisation légale qui devrait être "d'environ 1,8%" après 1,24% l'année dernière". Le salaire mensuel net d'une personne travaillant 35 heures par semaine payée au smic passera ainsi à 1210 euros a précisé ce mercredi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. 90 euros de moins donc que ce que réclame le groupe de gilets jaunes cité plus haut.

Vient ensuite le rétablissement de l'ISF (71%). Ce dernier a été remplacé cette année par l'Impôt sur le fortune immobilière (IFI), qui rapporte 3 milliards d'euros de moins. Cette somme, les ménages concernés sont censés l'investir dans l'économie, selon les attentes du gouvernement. Son porte-parole, le secrétaire d'État Benjamin Griveaux, a indiqué sur RTL ce mercredi que l'IFI fera l'objet d'une évaluation qui pourrait intervenir à l'automne 2019. "Si ça ne fonctionne pas, on y renoncera", a-t-il dit. La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a même déclaré la veille qu'elle proposerait le rétablissement de l'ISF si l'évaluation de l'IFI révélait qu'"il n’y a pas suffisamment de capitaux réinjectés dans l’économie française".

Finalement, le report de la hausse des taxes sur les carburants n'arrivent qu'en quatrième position. Édouard Philippe a annoncé mercredi la suspension pendant six mois de cette hausse prévue au 1er janvier et qui devait rapporter au total 3,7 milliards d'euros supplémentaires à l'État sur l'ensemble de l'année 2019.

*Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1177 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Les personnes ont été interrogées par internet entre le 3 et le 4 décembre 2018.

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J.-C.C.