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Fonction publique: la conférence salariale s'ouvre mardi, les syndicats dans l'expectative

La ministre de la Transformation et de la fonction publiques Amélie de Montchalin le 2 juin 2021 à Paris

La ministre de la Transformation et de la fonction publiques Amélie de Montchalin le 2 juin 2021 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

La conférence salariale prévue pour durer jusqu'à février prévoit des discussions autour de quatre thèmes principaux: "l'égalité professionnelle, l'attractivité des métiers et des carrières, la dynamisation des carrières et les contractuels". Les syndicats, eux, réclament avant tout une revalorisation généralisée des salaires.

Adieu rendez-vous salariaux, voici la conférence sur les perspectives salariales: les syndicats, inquiets de la remise en cause ces dernières années des revalorisations généralisées, et la ministre de la Fonction publique entament mardi un cycle inédit de négociations autour des rémunérations.

Depuis une dizaine d'années, le même schéma se répète presque systématiquement: les syndicats demandent une augmentation générale des salaires, via un dégel du point d'indice, qui sert à calculer le salaire de tous les fonctionnaires. Exception faite de l'année 2016, le gouvernement s'y oppose ou privilégie des revalorisations ciblées.

"Cela fait plusieurs années qu'on enchaîne des rendez-vous salariaux qui durent deux, trois heures et dont tout le monde sort déçu", résume Mylène Jacquot. "Les mesures sont positives pour ceux qui en bénéficient, mais on est loin des attentes", estime la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques (2e syndicat).

Dernier exemple en date: début juillet, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques Amélie de Montchalin avait annoncé une revalorisation pour 1,2 million d'agents de la catégorie C, les moins bien rémunérés. Après cet ultime rendez-vous salarial, "on est sortis passablement mécontents, sur la forme et sur le fond", souligne Jean-Marc Canon (UFSE-CGT, 1er). Par la voix de son secrétaire général Christian Grolier, Force ouvrière (3e) avait aussi tempêté contre "le premier gouvernement à avoir gelé les salaires sur la totalité du quinquennat".

"Se donner du temps"

"Je pense qu'il n'est pas crédible d'imaginer qu'on règle l'ensemble des sujets en une réunion d'une demi-journée en juillet", convient Amélie de Montchalin. "On a besoin de se donner du temps", d'où l'idée de la conférence, qui durera jusqu'en février. Les discussions s'orienteront autour de quatre thèmes principaux: "l'égalité professionnelle, l'attractivité des métiers et des carrières, la dynamisation des carrières et les contractuels (des agents publics au statut moins protecteur que celui de fonctionnaire)", détaille la ministre.

"Ce sont des enjeux dont tout le monde voit l'importance, mais sur lesquels personne n'a en tête des solutions magiques, réalistes et applicables en un claquement de doigts. Donc on a besoin de travailler", explique Amélie de Montchalin. Le fruit des négociations promet de devenir un enjeu de campagne, pour la présidentielle au printemps mais aussi pour les élections professionnelles de décembre 2022.

La conférence sur les perspectives salariales est "un exercice qui nous interpelle", affirme Jean-Marc Canon. "Si on l'avait mené au début de la mandature, on aurait induit un plan pour les quatre ou cinq années suivantes. Mais là, on va voir arriver un document en février qui sera une espèce d'héritage pour la majorité issue des élections de 2022", regrette le secrétaire général de l'UFSE-CGT.

Différences d'approche

"On redira toujours que la valeur du point est la clé de la rémunération des agents publics", insiste Luc Farré pour l'Unsa-FP. Mais "je n'ai pas d'a priori [sur la méthode de négociation]. Il faut qu'à la fin, ce soit mieux" pour les agents publics, soutient le secrétaire général du quatrième syndicat de la fonction publique. La CFDT adopte un discours similaire, favorable au principe de cette conférence sur les perspectives salariales pour autant qu'elle débouche sur des mesures concrètes.

"Tout ce qui est salarial doit passer par des mesures générales", tranche à l'inverse Gaëlle Martinez, déléguée générale de Solidaires-Fonction publique (6e syndicat). Illustration de ces différences d'approche entre syndicats, seules quatre organisations ont cosigné la lettre adressée jeudi à Amélie de Montchalin. Dans ce courrier, la CGT, la FSU, Solidaires et la FA-FP ont rappelé leur "attachement à la valeur du point comme élément central et indépassable de la rémunération des agentes et agents de la Fonction publique".

Sans FO donc, qui s'est pourtant associée vendredi aux quatre autres syndicats pour appeler à rejoindre la mobilisation du 5 octobre en faveur de l'emploi et des salaires, en réclamant "l'augmentation générale des salaires par la revalorisation du point d'indice et l'amélioration de la grille indiciaire".

P.L. avec AFP