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De nouvelles pistes pour financer la Société du Grand Paris

Un rapport préconise de trouver 200 à 250 millions d'euros supplémentaires par an afin que la Société du Grand Paris mène ses projets à terme. (image d'illustration)

Un rapport préconise de trouver 200 à 250 millions d'euros supplémentaires par an afin que la Société du Grand Paris mène ses projets à terme. (image d'illustration) - Thomas Samson - AFP

Un rapport remis au Premier ministre préconise de nouveaux moyens de financement de la Société du Grand Paris chargée de construire le futur métro automatique de la région parisienne.

La Société du Grand Paris a besoin davantage de moyens pour mener à bien sa mission. Or, il existe "plusieurs angles morts dans le financement qui pourraient devenir des impasses", s'inquiète le député Gilles Carrez (LR), auteur d'un rapport remis au Premier ministre présenté au Conseil de surveillance de la Société du Grand Paris. 

Ce document pointe notamment les coûts d'exploitation et d'infrastructures que les gares pourraient faire peser sur le budget de la SGP. Selon le rapport, l'exploitation et la maintenance des gares ainsi que leur "modèle économique" n'ont pas été "précisément anticipés". Au total, l'élu considère qu'il faut des "recettes supplémentaires estimées entre 200 et 250 millions d'euros par an, dès 2019" pour assurer la pérennité du projet.

La création d'un péage urbain et de nouvelles taxes envisagée 

Le rapport de Gilles Carrez préconise ainsi "la mise en place d'un péage urbain, au niveau de l'agglomération parisienne ou sur une base régionale plus large", sans plus de précisions. Pour l'élu, ce péage pourrait voir le jour "à moyen terme, lorsque les lignes du Grand Paris Express seront mises en service (entre 2024 et 2030)".

Côté taxes, Gilles Carrez esquisse l'idée d'un renforcement, d'un élargissement de l'assiette ou d'une hausse de taxes déjà existantes telles que celles sur les "surfaces de bureaux" et "la taxe spéciale d'équipement".

En outre, le député préconise d'"ajouter une part régionale à la taxe de séjour", pour faire contribuer au financement les usagers en transit, qui empruntent le réseau de transports franciliens.

Une meilleure gestion du calendrier réclamée 

Enfin, le rapporteur appelle à plus de transparence sur l'évolution des coûts et le calendrier. Pour éviter tout dérapage du coût de la dette, la mission propose aussi de "créer dans la loi un plafond d'emprunt de 35 milliards d'euros pour la Société du Grand Paris". 

"Gilles Carrez propose plusieurs pistes intéressantes qui répondent à la préoccupation du Gouvernement de sécuriser le projet, d'en maîtriser les coûts et d'assurer qu'il sera livré dans les temps", a réagi le Premier ministre Edouard Philippe. "Le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris va engager sans délai la concertation avec les collectivités concernées, en premier lieu desquelles la Région Ile-de-France", a ajouté le Premier ministre dans un communiqué.

Long de 200 km, le Grand Paris Express comprend quatre nouvelles lignes de métro automatique ainsi que le prolongement de la ligne 14. Des difficultés techniques et une dérive des coûts, dénoncée dans un récent rapport de la Cour des Comptes, rendent des retards inévitables, mais le gouvernement a différé l'annonce d'un nouveau calendrier devant une fronde des élus locaux et des organisateurs des Jeux olympiques de 2024.

A.M. avec AFP