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Crise de l'énergie: des "pistes" pour soutenir les industries énergivores

Les représentants des industries "énergo-intensives" ont été reçus par les ministres Barbara Pompili et Agnès Pannier-Runacher. Plusieurs pistes ont été évoquées pour les soutenir face à la flambée des prix de l'énergie.

Le gouvernement a évoqué mardi plusieurs "pistes" pour soutenir les industries très consommatrices en énergie face à la flambée des prix du gaz et de l'électricité, et tenter de stabiliser les tarifs électriques à plus long terme.

Les représentants des industries "énergo-intensives" ont été reçus par les ministres de la Transition écologique Barbara Pompili et de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. Ils sont sortis de la rencontre satisfaits par l'annonce d'un groupe de travail destiné à stabiliser les prix électriques.

Mais "pour le court terme, le compte n'y est pas, il faudra pousser d'autres mesures", résume Nicolas de Warren, président de l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden), relevant qu'en quelques mois le coût de l'électricité avait triplé et celui du gaz plus que quintuplé.

Pour le gouvernement, les entreprises profiteront déjà début 2022 de la baisse de taxe (TICFE) annoncée pour tous par Jean Castex, pour un montant de 200 millions d'euros, souligne-t-on au ministère de la Transition écologique.

Une "piste robuste" sera en outre creusée, via le mécanisme de compensation des coûts indirects du carbone, afin que cette aide habituellement versée l'année n+1 aux industries les plus affectées soit partiellement versée dès 2022, et non 2023.

L'électricité, clé pour décarboner l'économie

Au-delà, "un groupe de travail va être lancé" pour réguler le marché français de l'électricité à destination des industries.

"La décarbonation de notre économie va passer pour partie par l'électrification des usages. Pour investir, il faut de la visibilité, or les prix actuels et la volatilité sont un frein", souligne-t-on au ministère.

"Plusieurs options seront étudiées", notamment des contrats de long terme entre fournisseurs (EDF...) et industriels. Bpifrance et la Caisse des dépôts seront mandatés pour travailler notamment aux garanties facilitant la conclusion de tels contrats.

Les industriels auraient souhaité un relèvement du plafond de l'Arenh, mécanisme permettant un accès à de l'électricité au prix de revient du parc nucléaire historique, mais le gouvernement "ne l'envisage pas à court terme".

L'Uniden met en garde contre la fermeture de certaines unités de production devant cette crise inédite des prix.

"Beaucoup calent leur rythme de production au jour le jour, prolongent des maintenances...", selon le ministère. "Mais nous ne voyons pas encore de situation où on nous annonce des fermetures. Bien entendu nous suivons de très près."

Parmi les secteurs très énergivores figurent la production d'aluminium, l'électro-métallurgie, très gourmandes en électricité, les matériaux, le verre, qui nécessitent de hautes températures et donc du gaz, ou encore la chimie lourde.

P.D. avec AFP