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Prix du gaz: les pistes du gouvernement pour faire baisser la facture des Français

Le Premier ministre Jean Castex va annoncer ce jeudi soir les mesures pour faire face à l'envolée des prix.

A sept mois du premier tour de la présidentielle, le gouvernement doit faire face à une crise énergétique sans précédent dans le quinquennat. Ce vendredi, les tarifs règlementés du gaz augmenteront de 12,6% puis encore potentiellement de 15% en novembre, pour accompagner la flambée des prix du marché mondial.

Une hausse brutale pour des millions de Français qu'espère encore endiguer l'exécutif pour éviter une nouvelle crise sociale similaire à celle des gilets jaunes. Le Premier ministre Jean Castex annoncera donc des mesures ce jeudi soir au JT de TF1.

Baisse des taxes, gel des prix...

Selon les informations de BFMTV, plusieurs pistes sont à l'étude. La première est une baisse des taxes, en l'occurrence celle qui s'applique à l’acheminement du gaz entre les lieux de stockage et de consommation, appelée ATRD (Accès des tiers au réseau de distribution de gaz naturel).

En réalité, c'est un tarif régulé qui finance les gestionnaires du réseau, à savoir GRDF et les entreprises locales de distribution. Ce tarif a une particularité: il ne s'applique pas aux grands industriels consommateurs de gaz, qui sont directement raccordés aux réseaux, sans acheminement. Mais pour la plupart des consommateurs, elle représente une part conséquente de la facture: environ 30% du total.

Une autre prise serait un gel des tarifs réglementés du gaz. Pour autant, il y aurait bien un rattrapage dans le futur mais qui serait lissé dans le temps pour éviter des augmentations brutales de facture.

Troisième piste: élargir les contours du chèque énergie actuellement à 100 euros pour les ménages aux plus faibles revenus. Il serait notamment question de le proposer à plus de ménages mais aussi aux entreprises, qui n'en bénéficient pas actuellement. Une solution qui a aussi l'avantage d'englober les dépenses en électricité dont les prix vont encore drastiquement augmenter le 1er février prochain.

Hausses inéluctables

Sur ces dossiers, le gouvernement marche sur un fil. Ce sont d'ailleurs le président de la République et le Premier ministre qui ont directement pris le sujet du gaz en main.

Côté électricité, l'exécutif pourra compter sur les profits importants d'EDF (dont il est actionnaire à 84%), générés grâce à cette crise énergétique. Les dividendes serviront à en endiguer le dérapage sur les factures des consommateurs.

Pour autant, l'idée de l'exécutif est de ne pas réduire la hausse à zéro. "Il veut envoyer le message qu’il aide les ménages car l’impact est très fort mais aussi qu’ils doivent s’habituer à la tendance des prix élevés de l’énergie" indique une source à BFM Business. En effet, la transition énergétique implique des investissements coûteux dans l'avenir pour adapter les réseaux aux énergies renouvelables. Des investissements qui doivent obligatoirement se répercuter sur les factures.

Thomas Leroy avec Benjamin Duhamel