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Budget 2020: quelles sont les pistes d'économies du gouvernement?

Le ministère de l'Économie et des Finances à Bercy

Le ministère de l'Économie et des Finances à Bercy - Joël SAGET / AFP

Après un écart cette année, le gouvernement compte poursuivre la réduction du déficit public. Pour cela, il entend réaliser des économies, en particulier sur le logement et l'assurance chômage.

L'année 2020 doit être celle du retour à la normale en matière de finances publiques. Avec les 10 milliards d'euros débloqués en urgence pour répondre à la crise des gilets jaunes, l'exécutif va creuser le déficit légèrement au-dessus de la fameuse barre des 3% en 2019 -tout en sachant que la bascule du CICE en allègrement de charge, une dépense exceptionnelle, pèse à elle seule 0,9 point de PIB. L'année prochaine, tout devrait rentre dans l'ordre, le gouvernement tablant sur un déficit de 2% dans ses dernières prévisions publiées en avril.

Cependant, ce chiffre ne prend pas en compte les 5 milliards d'euros de baisse de l'impôt sur le revenu, annoncés par Emmanuel Macron dans le discours qu'il a tenu à l'issue du grand débat. En plus des efforts pour réduire le déficit, le gouvernement devra réaliser davantage d'économies pour financer cette mesure. Pour cela, plusieurs pistes sont à l'étude. 

Logement: 1,3 milliard d'euros

Le premier poste mis à contribution serait le logement, selon les informations du journal Les Echos. La réforme du financement des HLM devrait permettre de dégager 300 à 350 millions d'euros. De même, la "contemporanéisation" des APL, autrement dit leur calcul sur les revenus de l'année en cours et non sur ceux d'il y a deux ans, doit générer une économie de 1 milliard d'euros en année pleine. 

Réforme de l'assurance chômage: 1 milliard d'euros

La réforme des règles de l'assurance chômage fera également partie des plus gros poste d'économies. Depuis l'échec des négociations entre les syndicats et le patronat, le gouvernement a repris le chantier en main. Il est notamment question d'instaurer un bonus-malus pour pénaliser les employeurs qui abusent des contrats courts et de réduire l'indemnisation des cadres. Dans sa lettre de cadrage aux partenaires sociaux, le gouvernement évoquait des économies allant de 1 à 1,3 milliard d'euros par an sur trois ans. La réforme ayant pris du retard, il est possible que ces économies soient moins forte la première année.

Les niches fiscales passées au crible

Cela fait partie des sources de financement des 5 milliards de baisse d'impôt. Le gouvernement doit revoir ou abandonner des niches fiscales sur les entreprises. La député LREM Olivia Grégoire avait chiffre à 1,5 milliard d'euros les économies potentielles en touchant aux ristournes fiscales dans la culture, le capital-risque et l'innovation. 

La niche du gazole non routier (GNR) serait dans le viseur de Bercy. Par ailleurs, le député LREM Joël Giraud, rapporteur du budget à l'Assemblée, a récemment fait une proposition pour réviser le crédit impôt recherché (CIR) pour les grandes entreprises. Cette niche fiscale coûte 6 milliards d'euros par an aux finances publiques. 

Cotisations retraite: 500 millions d'euros

L'autre source de financement citée par le chef de l'État pour financer la baisse d'impôt est d'inciter les Français à "travailler plus". Pour cela, il serait question d'accélérer la réforme Touraine, selon les informations des Echos. Celle-ci prévoit d'allonger progressivement la durée de cotisation retraite pour qu'elle atteigne 43 ans en 2035. La première étape devait intervenir en 2020, avec un relèvement d'un trimestre de la durée de cotisation.

Réforme de l'audiovisuel public: 50 à 100 millions

La réforme de l'audiovisuel public prévoit notamment la suppression des chaînes France Ô et France 4. Elle devrait permettre d'économiser entre 50 et 100 millions d'euros. 

Suppressions de poste dans la fonction publique

Emmanuel Macron a sous-entendu dans son discours post-grand débat que les 120.000 suppressions de postes dans la fonction publique d'ici 2022 n'était plus un objectif à remplir à tout prix. Pour autant, les effectifs pourraient continuer à baisser. En août 2018, Edouard Philippe évoquait le chiffre de 10.000 pour 2020. À voir quel sera le nouvel objectif retenu.

Jean-Christophe Catalon