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Woerth: le budget 2013 est "un choc dépressif"

Le député UMP a fustigé l'inaction du gouvernement

Le député UMP a fustigé l'inaction du gouvernement - -

L'ancien ministre du budget Eric Woerth a fustigé sur BFM Business les premiers pas du gouvernement

Tout le gouvernement en a pris pour son grade... Lundi 15 octobre, Eric Woerth a fustigé "un gouvernement qui continue à ne prendre aucune décision"; un premier ministre Jean-Marc Ayrault "assez absent et pas vraiment chef"; et un ministre de l'éducation Vincent Peillon "pas dans son rôle, et qui a manqué une occasion de se taire" au sujet du cannabis...

Seul à trouver grâce aux yeux du député-maire UMP de Chantilly: Manuel Valls, "qui mène plutôt une politique de droite, et est donc apprécié des Français...", a-t-il déclaré lors du Grand Journal de BFM Business. Conclusion: "il y aura un remaniement à un moment donné si ça continue comme ça".

Un mauvais signal aux entreprises

Mais l'ancien ministre du budget a surtout villipendé un budget 2013 "contre productif", qui constitue un "choc dépressif" et envoie "un signal pessimiste au pays". En effet, la loi de finances "envoie aux entreprises le signal qu'on ne les aime pas, qu'on les taxe... Cela ne donne pas très envie de produire dans notre pays".

Surtout, affirmer que les dépenses seront réduites de 10 milliards d'euros en 2013 est "faux": "il n'y a rien sur la dépense, il n'y a pas de réduction. Les recettes sont sur-estimées, et les dépenses sous-estimées". Ainsi, espérer récolter 4 milliards d'euros avec la niche Coppé, "c'est une plaisanterie". Bref, le déficit budgétaire sera "en réalité à plus de 3%".

Il s'est aussi dit opposé à une hausse de la redevance, même de deux euros pour refléter l'inflation: "c'est bien une augmentation en fonction des prix"... oubliant au passage qu'il était à Bercy lorsque, fin 2008, l'indexation de la redevance sur l'inflation avait été votée...

Contre une CSG sociale

Pour augmenter la compétitivité, il reste favorable à la TVA sociale ou à une taxe carbone, mais pas à la CSG: "les salariés verront leur pouvoir d'achat d'achat baisser. Il faudra trouver des compensations". En outre, "si ce n'est qu'une pichenette de compétitivité, cela ne sert à rien".

En revanche, l'ancien ministre a été réticent à critiquer la politique conduite par l'ancienne majorité, admettant juste du bout des lèvres qu'"on aurait peut être dû" commencer à réduire les déficits dès 2007...

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