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Le gouvernement cherche-t-il à tailler dans les minima sociaux?

Matignon cherche à tailler dans la dépense publique.

Matignon cherche à tailler dans la dépense publique. - Philippe Huguen - AFP

Selon le Canard enchaîné, l’exécutif souhaite effectuer 7 milliards d’euros d’économies sur les aides sociales d’ici à 2022. Une information démentie par la ministre de la Santé.

Le dossier est aussi ambitieux économiquement qu’explosif politiquement. Poursuivant son objectif de réduire la dépense publique, le gouvernement souhaiterait économiser 7 milliards d’euros sur…les minima sociaux. Soit l’équivalent du coût de la suppression de l’ISF, de celle de la taxe d’habitation et de l’instauration de la flat tax.

Selon Le Canard enchaîné, Matignon a fixé cet objectif à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, laquelle a refusé net.

"Personne ne m'a demandé de trouver 7 milliards d'euros"

Interrogée ce mercredi, cette dernière a néanmoins démenti l’information de l’hebdomadaire. "Personne ne m'a demandé de trouver 7 milliards d'euros", a-t-elle assuré sur RTL. "La stratégie du gouvernement, c'est de s'intéresser aux personnes, pas au budget", a-t-elle affirmé. "Nous avons affaire à des chômeurs en fin de droits, à des jeunes qui n'ont jamais trouvé un emploi et n'ont pas été formés", ou encore à des mères célibataires qui "se lèvent à quatre heures du matin pour faire des ménages dans les entreprises", a-t-elle souligné.

Bercy pas du même avis?

Bercy, en revanche, fait entendre un autre son de cloche depuis quelques semaines. Bruno Le Maire et Gerald Darmanin, respectivement ministre de l’Économie et des Comptes publics, ont tous deux évoqué une refonte des aides sociales d’ici à la fin du quinquennat. Une fusion des minima sociaux est notamment à l’étude. 

Tandis que le comité d’experts Cap 2022, chargé de trouver des pistes d’économies dans la dépense publique, devrait rendre ses travaux dans le courant du mois de juin. Selon Les Echos, l’objectif poursuivi atteint 30 milliards d’euros, un montant qui ne comprend pas la réforme des retraites ni celle de l’assurance chômage.

Y.D. avec AFP