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Le FMI relance le débat sur la réduction du déficit en France

François Hollande reste attaché à l'objectif de réduction du déficit à 3%

François Hollande reste attaché à l'objectif de réduction du déficit à 3% - -

Après avoir annoncé que la France ne pourrait tenir sa prévision de déficit de 3% en 2013, le FMI évoque désormais la possibilité pour l'Hexagone de bénéficier d'un délais supplémentaire pour atteindre cet objectif.

Le FMI ne croit pas que la France pourra réduire son déficit public à 3% du PIB fin 2013, comme s'y sont engagés François Hollande et Jean-Marc Ayrault auprès de Bruxelles et des Français.

L'organisation internationale, dirigée par Christine Lagarde, table sur une progression du PIB français de 0,4%, soit moitié moins que la prévision française. "Les perspectives de croissance sont assombries par une reprise chancelante en Europe et un problème de compétitivité vis-à-vis des partenaires commerciaux", écrit le Fonds monétaire international dans son rapport annuel publié vendredi 22 décembre.

Au sujet de la compétitivité, le Fonds souligne que la France est minée par des "obstacles" qui entravent le marché du travail. Il approuve la création d'un crédit d'impôt en faveur des entreprises, à condition qu'il s'accompagne d' "une modération salariale". Ce à quoi Jean-Marc Ayrault a répondu indirectement, samedi 23 décembre : "Oui, nous maintenons nos prévisions parce que c'est un objectif indispensable".

Débat relancé

Tout en maintenant ses prévisions, le FMI serait pourtant favorable à ce que la France dispose d'un délai supplémentaire pour atteindre son objectif de 3%. C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre l'un de ses dirigeants, Edward Garder, mercredi 26 décembre, à l'occasion d'une conférence de presse.

Des propos qui rejoignent ceux d’Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. Dans un entretien au Monde du 22 décembre, il ouvrait lui aussi la porte à une certaine souplesse concernant les 3%.

Selon lui, cet objectif "reste une référence, mais ce qu'il faut prendre en compte, c'est surtout l'effort structurel d'ajustement budgétaire que la France entreprend avec une intensité remarquable (...) Une fois que vous avez une stratégie budgétaire crédible à moyen terme, y compris par le biais de réformes, vous pouvez avoir un ajustement plus doux".

Les propos émanant du FMI comme de Bruxelles ont en tout cas toutes les chances de relancer le débat en France, à gauche en particulier. Depuis l'automne, plusieurs leaders du PS, comme Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, ont, en effet, estimé que l'objectif de réduction du déficit à 3% était "intenable". Ils se trouvent aujourd'hui confortés dans leur jugement.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault pourront-ils longtemps éviter le débat ? Dans une interview au quotidien économique allemand Handelsblatt du 27 décembre, Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, affirme pourtant : "après 5,2% de déficit public en 2011, la France vise l'année prochaine un déficit de public de 3% et à réduire sa dette à partir de 2014". Un objectif "ambitieux" selon lui...

Patrick Coquidé