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Le FMI ne voit pas la France tenir son objectif de déficit en 2013

L'institution dirigée par Christine Lagarde considère que  le chômage français s'élèvera à 10,6% en 2013

L'institution dirigée par Christine Lagarde considère que le chômage français s'élèvera à 10,6% en 2013 - -

L'institution table sur 3,5% de déficit contre une prévision de 3% du gouvernement, selon un document publié vendredi 21 décembre. Elle s'inquiète de la croissance et du déficit de compétitivité de la France.

C’est une façon peu à même de souhaiter de bonnes fêtes à la France. Vendredi 21 décembre, le Fonds Monétaire international a publié son rapport annuel sur la France. De ce document, publié à la surprise générale la veille du week-end de Noël, l’institution dirigée par Christine Lagarde tire un tableau plutôt sombre de l’économie française pour 2013.

Tout d’abord, le FMI doute du respect des engagements budgétaires de la France. Le gouvernement s’est fixé comme objectif de ramener le déficit public à hauteur de 3% du PIB l’année prochaine. Pour ce faire, il retient une hypothèse de 0,8% de croissance, sur cette année.

Seulement le FMI se montre bien moins optimiste que le gouvernement, et table plutôt sur une progression du PIB français de 0,4% ,soit moitié moins. "Les perspectives de croissance sont assombries par une reprise chancelante en Europe et un problème de compétitivité vis-à-vis des partenaires commerciaux", écrit le Fonds monétaire international. Au sujet de la compétitivité, le fonds souligne que la France est minée par des "obstacles" qui entravent le marché du travail. Il approuve la création d'un crédit d'impôt en faveur des entreprises, à condition qu'il s'accompagne "une modération salariale".

En conséquence le FMI prévoit un déficit public de 3,5% et non de 3%, se disant "prudent", par rapport à l’objectif gouvernemental.

A l'heure où les effets de l'austérité sur la croissance sont décriés en Europe, l'institution de Washington note même que la France aurait dû s'engager dans une réduction de ses déficits "plus modérée" afin de ne pas étouffer l'activité.

Un diagnostic qui rejoint celui du gouvernement, pour Pierre Moscovici

Toujours au chapitre des relatives mauvaises nouvelles, le FMI donne également sa prévision du chômage pour la France. Celui s’élèvera à 10,2% de la population active en 2012, et jusqu’à 10,6% en 2013. Des chiffres qui peuvent sembler en apparence pessimistes mais qui est, dans les faits, inférieur aux projections de l’Insee. Cette dernière table sur une montée du chômage à 10,9% dès la mi-2013, un record depuis 1997.

Le FMI n’est pas non plus sans adresser quelques bons points à la France. L’institution considère ainsi que les inquiétudes sur la stabilité financière ont "considérablement diminué" grâce à l'effort d'assainissement du bilan des banques. Il estime également que le pays a bien résisté à la perte de son deuxième triple A, lorsque Moody’s l’a dégradé en novembre dernier. Le conseil d’administration du FMI ,salue même la "résistance" de l'économie française par rapport à l'ensemble.de la zone euro et note que le pays jouit encore d'un statut "de refuge" auprès des investisseurs.

Mais le FMI précise aussi que les tensions sur la zone euro pourraient renverser la vapeur pour la France.

Pierre Moscovici a réagi en estimant que le diagnostic du FMI rejoignait "en grande partie celui du gouvernement".

"Le FMI souligne en effet que la faiblesse de l'activité dans la zone euro et l'aggravation continue du déficit de compétitivité depuis dix ans sont les principaux obstacles à la croissance française", relève-t-il dans un communiqué.

Julien Marion et AFP