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Le FMI donne de bonnes raisons à la France de lever le pied sur le déficit

Le FMI estime qu'il convient de mettre le "la" sur le déficit.

Le FMI estime qu'il convient de mettre le "la" sur le déficit. - -

Le Fonds monétaire international a demandé à la France, dans son rapport annuel, publié ce lundi 5 août, de diminuer le rythme des efforts entrepris pour réduire le déficit afin de ne pas casser la relance.

Le FMI donne un argument à Pierre Moscovici. Le 3 août dernier, le ministre de l'Economie a laissé entendre que le déficit public pourrait dépasser les 3,7% en 2013.

Dans son rapport annuel, publié ce lundi 5 août, l'institution dirigée par Christine Lagarde explique que "d'ici la fin 2013, le gouvernement aura réalisé aux deux tiers l'effort entrepris en 2011 pour stabiliser les déficits. Etant donnés ce bilan et le caractère toujours hésitant de la reprise, le gouvernement devrait ralentir le rythme de l'ajustement".

Le FMI prévoit d'ailleurs que la France termine l'année 2013 avec un déficit de 3,9% du produit intérieur brut (PIB), contre 4,8% en 2012.

Une aubaine pour bâtir le budget

D'une certaine façon, ce diagnostic constitue une aubaine pour l'exécutif. Le gouvernement s'apprête à réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2014, la faisant vraisemblablement passer de 1,2 à 0,8%. Ce dernier chiffre correspond d'ailleurs à la prévision du FMI.

Or si la croissance diminue, le gouvernement n'a que deux solutions pour bâtir son budget pour 2014. Soit il augmente les impôts, ce qui est politiquement risqué, soit il laisse légèrement filer le déficit. Le FMI l'incite donc implicitement à préférer la seconde option.

Des réformes structurelles à mettre en oeuvre

Concernant la reprise économique, le FMI estime que "de récentes améliorations des indicateurs économiques soutiennent la prévision d'une reprise progressive au second semestre 2013". Ainsi le fonds table sur une légère récession de la France cette année (-0,2%), avant, donc, une reprise de l'activité en 2014.

Mais au-delà de cette "reprise cyclique", le potentiel de croissance de la France est "entravé par des rigidités structurelles sur les marchés du travail et des biens, qui ont, au fil du temps, contribué à une perte progressive de compétitivité et de performance dans les exportations", diagnostique l'institution internationale.

Aussi, les auteurs du rapport encouragent-ils le pays à "poursuivre les réformes structurelles pour soutenir le rebond de la demande privée et renforcer la compétitivité", appelant notamment le gouvernement français à réformer les retraites (mais sans hausse des cotisations), à approfondir la réforme du marché du travail et à ouvrir davantage à la concurrence les marchés de biens et services.

Julien Marion avec AFP (texte) et Cécile Bourneuf (reportage vidéo)