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La Cour des comptes s'attaque au prix des lunettes

La Cour des comptes propose de réduire certains remboursements, comme celui des lunettes.

La Cour des comptes propose de réduire certains remboursements, comme celui des lunettes. - -

Dans son rapport sur la Sécurité sociale publiée ce 17 septembre, la Cour des comptes réclame des mesures d'économies sur l'assurance-maladie. Dans son viseur en particulier : les frais d'optique et les services de garde médicale.

Il y a des "gisements d'économies considérables" dans l'assurance-maladie, a lancé Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes à l'occasion de la remise, ce 17 septembre, du rapport sur la Sécurité sociale.

Le déficit de cette branche devrait atteindre 8 milliards d'euros sur un total de 14,3 milliards cette année, selon la Cour.

Les complémentaires pourraient faire baisser les prix

Parmi les pistes d'économie, la Cour propose en particulier que les lunettes soient totalement déremboursées. Le remboursement de la Sécu est devenu totalement "insignifiant", constate la Cour. Il n'est plus que de 3,6%, et 2% pour les adultes.

Autant donc demander aux complémentraires santé de prendre en charge la totalité des frais de lunettes. Ce qui aurait comme avantage, du moins selon la Cour, de responsabiliser les complémentaires qui pourraient demander aux opticiens de pratiquer des prix plus convenables. Le marché de l’optique doit être plus transparent et concurrentiel. "Les organismes complémentaires doivent quant à eux faire jouer plus activement la concurrence entre les distributeurs, et les pouvoirs publics redéfinir plus strictement les "contrats responsables", pour peser beaucoup plus fortement sur les prix", écrit la Cour.

Pour la même raison, la Cour propose que les audioprothèses, un marché aujourd'hui très porteur, ne soient plus du tout prises en charge par l'Assurance-maladie mais également par les complémentaires.

Reste à savoir si les complémentaires santé répercuteront ces coûts dans leurs contrats.

SOS Médecin dans le viseur

La Cour s'attaque aussi aux permanences de soin la nuit, les week-ends et les jours fériés. Celles-ci sont désormais fondées sur un dispositif de "volontariat rémunéré et de régulation téléphonique médicale".

"Ce système a abouti à une explosion de la dépense, qui a triplé en dix ans et atteint désormais près de 700 M€, sans avoir pour autant réussi à désengorger les urgences hospitalières ni éviter que 40 % des patients continuent d’appeler directement leur médecin", analyse la Cour.

Pour elle, la concurrence entre les « centre 15 » et les associations de médecins libéraux du type SOS apparaît donc source de dépenses supplémentaires.

Les analyses médicales trop chères

Enfin, la Cour s'en prend aux dépenses d'analyses. Elles ont connu une très vive croissance au cours de la décennie écoulée et représentent globalement une charge de près de 6 milliards d'euros pour l’assurance maladie, dont 2,9 pour le régime général au titre des seules analyses effectuées en laboratoires de ville.

"Les considérables gains de productivité de ce secteur n’ont que très partiellement bénéficié à l’assurance maladie", déplore la Cour qui estime possible de dégager rapidement 500 millions d’économies dans ce domaine sans que les assurés sociaux ne soient pénalisés.

|||sondage|||1164

P.C