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Désindexation des prestations sociales: une mesure pour rassurer Bruxelles?

Manuel Valls a détaillé, mercredi 16 avril, les mesures qui doivent permettre d'économiser 50 milliards d'euros.

Manuel Valls a détaillé, mercredi 16 avril, les mesures qui doivent permettre d'économiser 50 milliards d'euros. - -

Manuel Valls a annoncé, le 16 avril, la désindexation de la grande majorité des prestations sociales. Vu la faible inflation, elle ne permettra pas beaucoup d’économies à l’Etat, et ne déstabilisera pas trop non plus les ménages. Mais c'est plutôt un signal pour Bruxelles.

A la hache certainement. Tout juste peut-on parler d’un coup de rabot. La désindexation, sur le papier, c’est la recette miracle qui fonctionne particulièrement bien dans un environnement dans lequel il y a un peu d’inflation mais pas trop.

Imaginons un monde à 2% d’inflation par exemple, comme en 2011 ou 2012. Si, comme le recommande d’ailleurs la Cour des comptes, le gouvernement décidait de n’augmenter les prestations que de 1%, ce qui correspondrait à une désindexation partielle, les prestataires s’en rendraient à peine compte, alors que l’Etat ferait entre 1,5 et 2 milliards d’économie par an.

Signal de rigueur

Problème: l’inflation a quasiment disparu. Elle n’a atteint que 1% en 2013, elle ne sera pas très supérieure en 2014 et atteindra au plus 1,5% en 2015. Donc au final, la désindexation ne permettra pas beaucoup d’économies à l’Etat, elle ne déstabilisera pas trop non plus les ménages.

C’est un signal de rigueur qui sera compliqué à gérer sur le plan politique en France (mécontentement de la gauche de la gauche, de certains députés populaire, tensions sociales…) mais c’est le signal minimum que la France doit envoyer à Bruxelles pour essayer de remonter auprès de nos partenaires européens une crédibilité tombée aujourd’hui à des niveaux préoccupants.

Emmanuel Lechypre